Le Poisson
De nombreuses personnes qui ne mangent pas de viande (souvent pour
des raisons de santé[1]), croient
résoudre les problèmes causés par l'industrie de
la viande en consommant du poisson.
En réalité, la consommation de poisson entraîne
les mêmes conséquences que celles de la viande. Si l'on
fait abstraction du fait qu'il est difficilement justifiable du
point de vue éthique de tuer des êtres vivants pour la
satisfaction (éphémère) des estomacs, il faut
savoir que les méthodes de mise à mort des poissons ne
sont pas meilleures que celles infligées aux animaux dits de
boucherie. La plupart des poissons, pêchés au filet,
meurent après une lente et douloureuse agonie par suite de
suffocation. Les autres, qui sont attrapés au hameçon,
n'ont pas une mort moins douloureuse! Pour les poissons, il n'a
même jamais été question d'étourdissement
avant la mise à mort, pratique habituellement appliquée
aux animaux dits de boucherie. Ne ressentons-nous donc aucun
sentiment de compassion envers les animaux marins, parce que nous
sommes incapables d'entendre leurs cris? De plus, non seulement la
mise à mort des poissons est douloureuse, mais leurs
conditions d'élevage sont désastreuses. La plupart des
poissons importés en Suisse proviennent d'élevages qui
utilisent des méthodes industrielles similaires à
celles de l'industrie de la viande. La plupart des élevages
pratiquent la monoculture au moyen d'un large arsenal technique et de
produits chimiques. La place disponible pour les animaux est
très restreinte. D'immenses réservoirs à eau
doivent être construits. La fécondation des œufs
se pratique en éprouvette. Dans des lacs naturels ou dans la
mer, des parcs à poissons sont créées. Des
champs qui servaient à la culture de céréales
sont transformés en petits lacs et remplis de poissons.
L'élevage du poisson s'est transformé en une immense
industrie.[2]
Les problèmes de l'industrie de la viande se retrouvent dans
celle du poisson. Les «pilules» servant de
nourriture aux saumons d'élevage contiennent des
vitamines et des sels minéraux, mais également des
substances chimiques (qui sont interdites aux États-Unis), pour
empêcher que la chair des saumons ne soit grise et pour la
colorer en rose pour ressembler à celle des saumons qui vivent
en liberté.[3]
Comme la détention en masse de poissons dans des cages est
également plus avantageuse économiquement et donc
largement pratiquée, ce mode de détention favorise le
développement des maladies et des déformations
génétiques. Les éleveurs ont essayé en
vain de parvenir à obtenir une «race» de saumon
dont le comportement s'adapte à la détention en cage et
qui réprime son instinct de chasseur. Les grandes
quantités d'excréments émises par les
élevages de poissons posent de gros problèmes. On a
calculé qu'une «ferme» à saumons de huit
hectares aux États-Unis produit autant de déchets organiques
qu'une ville de 10'000 habitants! Les déchets organiques
entraînent une explosion de production d'algues absorbant
les substances acides de l'eau, ce qui diminue l'air disponible pour
les poissons et les autres organismes, tuant ainsi toute forme de
vie.
Notes:
- S'il est reconnu que la consommation de viande est néfaste pour la santé, par contre le fait que les poissons et fruits de mer contiennent de hautes doses de métaux lourds toxiques est mal connu. (retourner)
- Extrait de l'article «Fischzucht auf dem Acker» du World Watch Institute. En allemand, cet article a paru dans le World Watch Magazine d'octobre 93, ISSN 0943-2302. (retourner)
- D'autre additifs; chlore, soude corrodée et iode, formaldéhyde, quatre types d'antibiotique etc. pour garder l'eau «pure» et les poissons «sains». (retourner)
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