Le lobby de la viande poursuit en justice les défenseurs des animaux
L’industrie de la viande, qui fait l’objet de critiques de plus en plus sévères dans le monde entier, tente par des actions en justice de faire taire ses opposants. Après que de multiples études aient mis en évidence le lien entre la consommation de viande et les maladies imputées à l’alimentation, l’industrie de la viande a décidé de confier à des avocats la tâche d’attaquer ses adversaires.
Aux Etats-Unis, le procès contre la célèbre
et populaire vedette de télévision Oprah Winter touche
à sa fin. Des éleveurs texans lui réclamaient 11
millions de dollars de dédommagement parce que, dans son talk
show du 25 avril 1996, elle avait critiqué les conditions
d’élevage des bovins. Elle avait en outre
déclaré qu’elle ne mangerait plus de viande de
bœuf à cause de la crainte de l’ESB, après
avoir dialogué avec son invité Howard Lyman. Ce dernier
est un ancien fermier qui a renoncé à ce métier
pour des raisons éthiques et qui est devenu
végétarien. Il est actuellement le Président de
l’Union Internationale Végétarienne.
La cour d’assise a rendu son verdict après des semaines
de débats: la préservation de la liberté
d’expression doit primer sur la perte subie par les
éleveurs.
Ce cas reste malheureusement une exception. Dans le Vegi-Info 3/97,
nous avions relaté comment le procès des deux
chômeurs anglais qui, suite à une distribution de tracts
contre Mc Donald’s, ont été poursuivis en
justice. N’ayant pu s’offrir un avocat pour leur
défense, ils ont été condamnés à
payer de fortes amendes. En Angleterre, les militants pour le droit
des animaux intensifient leurs actions, utilisant parfois des moyens
illégaux, que ce soit le transport, les conditions de
détention ou les méthodes d’abattage des animaux.
La justice répond à ces protestations par des peines
toujours plus lourdes, avec l’espoir que celles-ci auront un
effet dissuasif. Actuellement une douzaine de militants pour le droit
des animaux sont emprisonnés en Angleterre. Le dernier
procès concerne Barry Horne. Il a été
condamné à 18 ans (!) de prison pour des actes ayant
entraîné des dégâts matériels. La
grève de la faim qu’il a menée durant plusieurs
semaines l’a fait connaître dans toute
l’Angleterre. Il protestait alors contre les promesses
électorales non tenues du gouvernement travailliste. Ce parti
s’était engagé à prendre des mesures
concernant l’expérimentation animale (notamment
l’interdiction de tester les cosmétiques sur les
animaux).
Aux Etats-Unis, il y a également des militants (actuellement 7
connus) emprisonnés pour des actions entreprises contre
l’exploitation des animaux. L’action en justice contre
Douglas Joshua Ellermann (19 ans) est en cours. Il risque une peine
de prison entre 30 et 35 ans!
Même si toutes ces personnes actives pour le droit des
animaux n’ont provoqué que des dégâts
matériels, la question de savoir si l’utilisation de
moyens illégaux a un impact positif et acceptable est
posée.
Mais lorsqu’on voit comment les animaux, sont traités
aujourd’hui et combien impuissants sont ceux qui
témoignent de la compassion pour ces êtres vivants
torturés, il n’est pas étonnant que de plus en
plus de personnes ne se contentent plus de rester spectateurs.
La violence à l’encontre des animaux suscite la violence en retour. Seulement il y a une violence légale et une autre illégale, ceci selon la loi créée par l’être humain dans le but de protéger «son droit» à la violence à l’encontre des autres espèces. Malheureusement, la violence en retour ne fait souvent qu’engendrer une nouvelle violence; c’est pourquoi l’ASV ne soutient que des méthodes pacifiques dans ses actions en faveur du droit des animaux.
Une liste d’adresses des militants pour le droit des animaux
emprisonnés peut être obtenue sur Internet:
http://www.envirolink.org/ALF/people/prlist.html.
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