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Végétarien ou végétalien?

Considérations nécessaires face à un débat superflu

 

Les végétariens n’ont vraiment pas la vie facile. Il y a peu de temps encore, les carnivores se moquaient d’eux, et voilà qu’ils se retrouvent confrontés à d’autres désagréments : cette fois-ci ils sont critiqués par les végétaliens, qui refusent non seulement la viande, mais également les produits laitiers, les œufs et le cuir, produits considérés comme immoraux.
Voici deux thèses illustrant la problématique voire le caractère explosif de la question «végétarien ou végétalien»? :

Helmut F. Kaplan

  • La critique des végétaliens vis-a-vis des végétariens est juste sur le plan éthique-factuel.
  • La critique des végétaliens vis-a-vis des végétariens est fausse sur le plans politique et stratégique.

Le point de vue éthique

S’agissant de discussions émotionnellement explosives et multilatérales au niveau des faits, il est recommandé de considérer tout d’abord les faits réels quant à la thématique:
Toute exploitation commerciale des animaux, donc forcément y compris celle de l’industrie du lait, des œufs et du cuir, signifie de facto leur exploitation – car la concurrence, la pensée économique orientée vers le profit et le goût du lucre mènent automatiquement à l’exploitation des animaux. En outre, il existe un rapport aussi important qu'indissociable entre l’industrie du lait, des œufs et du cuir et l’industrie de la viande. Dès lors, l’intensité de ce rapport a pour conséquence que chaque consommation et/ou utilisation de produits laitiers, d’œufs et de cuir implique en même temps l’industrie de la viande.

En voici 3 exemples: Parmi les petits des vaches à lait, les veaux nés mâles sont menés à l’abattoir, car ils ne sont pas destinés à la production de lait. (Les veaux femelles qui produiront du lait plus tard finiront par être abattus, eux aussi); les poussins mâles, petits des poules pondeuses, sont gazés, noyés ou jetés dans le hache-viande, ou encore finissent sous la forme de poulet rôti ; en outre, la vente de cuir augmente le rendement des producteurs de viande.

Démarche stratégique

D’autre part, il est naturellement absurde de vouloir «mettre dans le même sac» végétariens et carnivores. Bien qu’elle soit souvent prononcée, l’affirmation «Qui mange du fromage peut tout aussi bien manger de la viande!» n’est pas juste. Il va de soi que le carnivore cause un dégât plus important: à part favoriser les fournisseurs de produits laitiers et d'œufs et par ce biais de manière indirecte aussi l’industrie de la viande, il renforce directement cette dernière. Il est alors évident que le carnivore, qui en règle générale est en même temps consommateur de lait, d’œufs et de cuir, contribue en réalité davantage à l’exploitation des animaux que le végétarien.

Comment devenir végétalien?

La question «végétarien ou végétalien?» comporte un autre fait tout aussi important à prendre en considération: Personne ne devient végétalien en une étape seulement. Le passage du régime carnivore au régime végétalien s’effectue presque toujours par le biais d'un passage intermédiaire : le régime végétarien. Il serait alors absolument insensé, rien qu‘en tenant compte de cette réalité, de diaboliser le végétarisme, qui représente dans la plupart des cas la condition nécessaire à un passage au végétalisme.

Du reste: il est bien justifié de faire de la publicité pour le végétarisme. Dans ce cas, «le travail de persuasion» s’avère d'une nécessité significative. Les raisons effectives et éthiques justifiant le renoncement à la viande sont plausibles non seulement sur le plan rationnel, mais aussi au niveau d’une pratique réelle au quotidien: il est aisé de s’imaginer remplacer le sandwich au jambon par le sandwich au fromage et la sauce de viande par la sauce aux herbes. Or, la décision prise de désormais renoncer à «tout» en une fois risque d’exiger un trop grand effort d'imagination, ne serait-ce qu’en raison d’informations insuffisantes. En outre, elle peut provoquer des inquiétudes, des ennuis – et surtout provoquer la fuite: «Dans ce cas-là, je préfère continuer comme auparavant en mangeant tout ce dont j’ai envie!».
En informant les gens de manière optimale, il est possible de les conduire vers le végétarisme. Quant au chemin menant au végétalisme, ils doivent le prendre eux-mêmes. La transition vers le végétalisme s’effectue souvent en silence, en solitaire. Sa réalisation ne se fait alors qu’à condition que les gens soient motivés pour renoncer à l’exploitation des animaux en se basant sur des fondements éthiques. La sensibilisation, elle, a presque toujours lieu simultanément à la prise de conscience des fondements éthiques du végétarisme. D’où l’importance de connaître les fondements éthiques du végétarisme.

Ensemble, c’est plus simple

La critique des végétariens n'a pas pour conséquence l'apparition de davantage de végétaliens, mais l'empêche. La diabolisation du végétarisme n’apporte aucun avantage, mais est au contraire dommageable. Ce qui compte, c’est la motivation morale, comme nous venons de le voir. Ainsi, la solution la plus efficace et la plus durable, c’est la collaboration. Il est souhaitable que ceux qui ont franchement l’intention de renoncer à la viande soient attelés à la même carriole que ceux qui ont déjà atteint leur but végétalien, ensemble avec ceux «qui se situent entre les deux». En s’excluant les uns les autres, ils ne feraient que se nuire mutuellement, ainsi qu'aux animaux. Si le conflit entre végétariens et végétaliens n’existait pas encore, il serait peut-être inventé par les stratèges publicitaires de l’industrie de la viande - et perçu comme une idée géniale. Rien ne fait plus plaisir à ceux qui soutiennent le lobby de la viande que de voir les non-carnivores se disputer!

Helmut F. Kaplan
Traduction: Olivia Villard

Le Dr. phil. en philosophie et psychologie Helmut F. Kaplan compte parmi les pionniers du mouvement de la cause animale.