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Werner Hofstetter (100), retraité, agriculteur et marchand itinérant

«Je suis content de n’avoir jamais rien fait d’autre que de cultiver des légumes!»

Très âgé et dépourvu des maladies de civilisation? Werner Hofstetter représente le vif exemple de ce que l’alimentation végétalienne est durablement saine et profitable à la santé. Resté en forme, Werner Hofstetter avait fait son ménage lui-même jusqu’à son déménagement l’année dernière quand il avait décidé d’aller vivre à la pension Sonnengarten à Hombrechtikon.

Portrait Werner HofstetterMonsieur Hofstetter, vous avez fêté votre 100e anniversaire le 5 février dernier. A l’âge de 99 ans vous aviez déménagé délibérément à une pension anthroposophique. D’après ce que disaient différents journaux, vous viviez en autosuffisance basée sur des aliments végétaux votre vie durant. L’autonomie alimentaire, c’est une des grandes tendances de nos jours. Que ressentez vous à cet égard, sachant que vous êtes dans le vent à votre âge?
Il réfléchit longtemps, ce qui nous donne l’occasion de le contempler. Il a les cheveux blancs, brillants ; en penchant sa tête sur le côté, il regarde son vis-à-vis en arborant un sourire malicieux et commence à raconter:

Mon père était ébéniste et avait 5 enfants au commencement de la première guerre mondiale déjà. Afin de pouvoir nous nourrir dans ces temps incertains, mes parents avaient cherché une ferme. Ils l’ont trouvée à Maur, dans la région de Zurich, en 1915. Nous y pratiquions dès lors la production animale, tandis qu’auparavant, nous n’avions guère mangé de viande. Il y avait alors souvent de la viande, car nous mangions tous les restes. Petit garçon déjà, cela allait contre mon gré, mais je m’y suis conformé. En outre, je n’ai jamais aimé le lait, et lorsqu’on me forçait de le boire bourru, j’en ai vomi. Les différents produits laitiers ne m’ont jamais plus non plus. Lorsque ma mère avait eu des problèmes de santé, elle voulut en savoir les causes et devint végétarienne. A cette époque, j’avais à peu près 11 ans, et c’était avec enthousiasme que j’en fis de même. L’un des dix commandements de Dieu “Tu ne tueras point“ m’avait convaincu tôt déjà.

Y avait-il autre chose qui vous a marqué?

Oui, c’était Werner Zimmermann qui était venu chez nous au début des années 20 afin de nous aider avec la récolte. Enfant, il avait été un garçon plutôt fragile, et adulte, il était également de stature menue. Mais il était si tenace et plein d’énergie qu’il l’emportait même sur les professionnels de tous les domaines. Chez nous, il coupait l’herbe de cinq heures du matin à onze heures, et cela sans petit-déjeuner! C’étaient la force particulière et la modestie que j’admirais en ce jeune homme qui avait voyagé de loin et qui était venu des États-Unis chez nous directement. À ma grande joie, nous abandonnâmes bientôt l’élevage animal. À partir de 1928, l’étable était vide, on avait vendu les derniers animaux. C’est à cette époque que mon père et mon frère aîné fondèrent une menuiserie.

Werner Hofstetter dans son bureauAlors vous avez fait un apprentissage?

Non, c’est alors que ma mère et moi avons établi une culture de légumes. Elle avait toujours cultivé un jardin, et moi, j’ai fait des études d’agriculture biologique. Comme chez nous en Suisse, cela n’existait pas encore, je suis allé en Allemagne quatre fois afin d’y fréquenter des cours. Bientôt, nous pouvions vendre une partie de notre récolte. Au début, c’était avec une charrette à bras que j’allais sur le Bürkliplatz, c’était un chemin raide passant la colline, et sur mon chemin de retour, je n’avais, parfois, même pas 10 francs en poche. Plus tard, nous avons même pu employer deux vendeuses, et les clientes réclamaient encore parce qu’elles devaient faire la queue trop longtemps ! Nous étions les premiers à pratiquer la culture biologique, et ainsi nous étions recherchés tout en n’ayant jamais fait de publicité. C’est à cette époque également, en 1942, que je me suis marié.

Pour quelle raison avez-vous choisi d’aller en pension?

C’était la réflexion de ce qu’il n’y aurait personne si jamais il m’arrivait quelque chose. Alors j’ai préféré ne pas prendre de risque, car j’habitais l’appartement sous le toit de mon ancienne ferme. En bas, c’est l’appartement des nouveaux maraîchers et propriétaires actuels qui passent leur journée sur les champs. C’est alors que je me suis occupé d’avoir une place à la pension Sonnengarten. Avant mon admission, j’ai dû faire un contrôle d’entrée, et le médecin m’a dit: Ils auront du plaisir d’accueillir un pensionnaire si âgé et en pleine forme!

Comment vous plaisez-vous ici?

L’endroit est très beau. Les repas ne correspondent pas tout à fait à ce que je désirerais. J’ai toujours mangé très simple, j’aurais préféré m’alimenter de crudités ce qui n’était cependant pas possible à cause de ma femme. Nous mangions simple, une salade en entrée, puis des pommes de terre et des légumes, ou alors du riz et des légumes. Ici, il y a trop de choses à la fois, il ne faudrait pas combiner tant de choses ! Il y a de la viande trois fois par semaine, et presque tout le monde la mange. Les desserts sont beaucoup trop sucrés, et comme alternative, il y a des fruits qui ne sont souvent pas mûrs. Récemment, j’ai emporté une poire pour la conserver, et 15 jours après, elle n’avait pas mûri, mais moisi ! Au petit-déjeuner, il y a un choix incroyable de produits laitiers. Je refuse le fromage et les produits contenant des œufs. Toutefois, j’ai eu le rhume déjà trois fois depuis que je vis ici, ce qui est inhabituel pour moi. En faisant ma cuisine à moi, je n’étais pas enrhumé pendant des années. A cela, il y a deux explications : soit il y a plus de bactéries à cet endroit-ci, soit je ne suis plus aussi résistant qu’autrefois.

Jouissez-vous toutefois du fait de vous savoir en de bonnes mains après votre vie active?

Oui, c’était une bonne décision d’être venu ici, je m’y plais bien.

À l’époque, viviez-vous complètement à votre charge, à cent pour cent?

Non, les aliments tels que le maïs, le riz, l’huile et les pâtes, nous les achetions. Le pain, je le faisais toujours moi-même, de céréales moulues tout fraîchement. À la fin, je disposais d’un petit moulin à céréales.

Quelles sont les conditions d’une vie en autosuffisance, si on cultive ses propres produits?

Premièrement, il faut aimer la terre, les sols. Deuxièmement, il faut être persistant, car il n’en est rien d’abandonner tout de suite, il faut travailler toute la journée. Le plus grand travail, c’est la pioche et la préparation du sol pour le nouvel ensemencement. Il y a toujours quelque chose à faire, même quand il pleut. Moi personnellement, je me suis senti responsable de ma terre dans une telle mesure que je ne suis jamais parti en vacances. Or, je suis content de n’avoir jamais rien fait d’autre que de cultiver des légumes !

Quelle est la chose la plus importante que vous y avez apprise?

Il faut respecter la nature et s’adapter à elle.

Aviez-vous de la peine à laisser votre terre?

Rien ne vous appartient vraiment, tout est prêté. Un jour, il faut lâcher prise toujours en sachant que l’âme se survit.

Quand votre épouse est-elle morte? Était-elle aussi végétarienne?

Elle est morte il y a dix ans à l'âge de 89 ans. Elle n'était pas végétarienne par conviction comme je l'avais pensé au début. Nous ne nous entendions pas toujours bien, mais nous sommes restés ensemble et chacun a fait son chemin à lui. Ainsi, ma femme voulait avoir son propre revenu à elle, et c'est pour cela qu'elle allait travailler, et non pas parce qu'elle en aurait eu besoin. Ensuite, elle a recommencé à manger de la viande. Mes deux enfants sont carnivores également, hélas. J'ai toujours eu l'esprit libertin et original, de façon à ce que je n'arrivais pas bien à me faire comprendre des autres.

Avez-vous toujours veillé à une alimentation saine?

Je n'ai jamais consommé de café ni de l'alcool, mais par contre du chocolat et des biscuits dont j'ai cependant réduit la consommation pendant les deux ou trois dernières années.

Qu'ordonneriez-vous si vous étiez roi?

Que les hommes vivent de manière plus simple. Et j'introduirais beaucoup d'aspects de la nommée économie libre selon Silvio Gsell, comme par exemple l'abolition de l'intérêt.

Donneriez-vous un terrain à chacun afin que les familles puissent se nourrir elles-mêmes? Interdiriez-vous aux gens de manger des animaux?

Ceci n'est guère possible. Le monde est si varié, tout le monde n'est pas comme les autres. Mais je transmettrais bien mon savoir aux gens, afin qu'ils aient la possibilité de se décider pour le bon chemin.

Vous étiez un véritable précurseur de l'époque, n'avez-vous jamais eu des explications avec des paysans industriels?

Nos voisins nous ont acceptés avec le temps, après avoir vu que nous travaillions beaucoup.

Quelle est votre relation avec les animaux?

Chez nous, les chats servaient à la chasse aux souris, je n'ai jamais aimé m'occuper d'animaux domestiques. A mon avis, on fait trop pour eux. Au fond, il faudrait les laisser en liberté... J'aime la nature et les animaux sauvages, malheureusement j'étais myope tôt déjà, de manière à ce que depuis longtemps, il y a beaucoup de choses que je ne vois plus très clair à la distance. Ce qui m'enchante également, c'est le gazouillement joyeux des oiseaux au printemps et le cri du coucou.

Quelle était, jusqu'à présent, la plus belle époque de votre vie?

Peut-être mon enfance.

Avez-vous un rêve insatisfait?

Des voyages. J'aurais aimé voir les forêts tropicales.

En quoi croyez-vous?

Je suis conscient des lois du karma et de la résurrection. Dieu est en nous et nous en lui, et Dieu est esprit, comme tout ce qui nous entoure.

Nell Andris
Traduction: Olivia Joanne Villard