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Edwin Heller, visionnaire-végi, a fêté ses 90 ans le 17 septembre:

«Il faut agir correctement sur le plan moral»

Il a assisté à presque tous les congrès végétariens jusqu'à il y a peu d'années, il était présent lors de la constitution de l'Union Végétarienne Européenne et de la Reformjugend (organisation précédant l'ASV) et il s'est engagé dans le Lebensreformbewegung (Mouvement de réforme). Aujourd'hui il vit dans la maison de retraite anthroposophique Sonnengarten à Hombrechtikon (ZH), où il me reçoit pour un entretien.

Edwin HellerA l'heure prévue, Edwin Heller se tient devant l'entrée principale, très soigné, vêtu impeccablement. Même s'il se déplace avec un déambulateur, il est plein d'énergie et se tient droit. Son teint éclatant révèle qu'il passe du temps en plein air, ce qui n'a rien d'étonnant dans un environnement aussi harmonieux, situé près de la forêt, au dessus du lac de Zurich. Il dit: «Il fait bon vivre ici au Sonnengarten, il y a des animations culturelles et la nourriture est bonne aussi. Nous sommes environ dix végétariens, surtout des femmes».

Si tout s'était passé comme prévu, il ne se trouverait pas ici maintenant, mais dans une maison de repos végétarienne, parmi des gens défendant le même idéal. Pendant vingt ans, Edwin Haller et ses compagnons ont oeuvré dans ce but. Le projet, dans les environs d'Olten, fut réalisé, mais le concept n'a pas fonctionné. Pourquoi?

Edwin Heller: Il y a différentes raisons. Nous avons choisi Olten pour sa situation centrale du point de vue des communications. Mais finalement, les Bâlois, les Bernois et les Zurichois âgés préféraient tout de même rester dans leur environnement familier. Les végétariens qui avaient décidé d'y vivre ne suffisaient pas à remplir le home, ce qui fit que des carnivores ont fini par y être acceptés également. Cela n'a pas du tout convenu aux végétariens, qui ont trouvé que dans ces conditions ils pouvaient tout aussi bien aller ailleurs! En plus, cette région se situe dans une zone de brouillard. Aujourd'hui, c'est une maison de repos conventionnelle.

Quand êtes-vous devenu végétarien?

Dans ma jeunesse, on avait de la viande au plus une fois par semaine. Je ne l'ai jamais beaucoup aimée. Consciemment, j'ai arrêté d'en manger à la fin des années cinquante, avec ma femme, maintenant décédée, qui souffrait de polyarthrite. Le changement de régime alimentaire l'a beaucoup aidée. J'ai été inspiré par un oncle, enseignant apprécié au séminaire de Küsnacht. Il était déjà végétarien quand j'étais encore enfant. On l'appelait «le Roi des bananes» parce qu'il avait découvert que les bananes séchées étaient une nourriture particulièrement riche pour les alpinistes. Un jour, nous sous sommes rencontrés par hasard à un guichet de la gare centrale de Zurich. Depuis lors, nous nous sommes rapprochés et nous avons découvert que nous avions beaucoup d'intérêts communs, tels que notre amour pour la montagne et pour un mode de vie sain.

Pour quelles raisons êtes-vous végétarien?

Pour toutes: éthiques, morales, par amour des animaux, des raisons de santé, des raisons environnementales…. Manger de la viande est une erreur!

Vous avez créé et édité la revue «Régénération». Comment en êtes-vous arrivé là?

J'ai sympathisé avec le Mouvement Waerland, en Allemagne. Celui-ci diffusait un magazine comportant une rubrique suisse, pour lequel j'écrivais des articles, car on estimait que j'avais du talent pour cela. Au bout de trois ans, j'ai écrit un texte qui n'a pas plu au président et je fus déchargé de ma fonction. Les pages suisses furent supprimées. C'est alors que j'ai créé la revue «Régénération», qui a existé de 1966 à 2007 et qui comptait environ 2000 abonnés.

Etait-ce votre profession?

Non, tout était bénévole. Je n'ai rien gagné, mais les frais étaient couverts. Je travaillais comme employé de commerce. Il me tenait particulièrement à cœur d'informer les gens. Pour moi, cela ne se limitait pas à un style de vie et d'alimentation, la politique y était associée. En bref, ne pas faire quelque chose, donc ne pas manger de viande, n'était pas suffisant à mes yeux.

Edwin HellerQu'avez-vous entrepris?

Je me suis par exemple engagé très tôt en faveur de l'agriculture Bio. En 1972, j'ai pris part au premier congrès végétarien et j'ai participé activement à la création de la «Reformjugend» (groupe de jeunes végétariens). La direction en fut confiée au jeune Fredy Forster, qui a pris sa tâche à cœur. Les jeunes ont besoin d'exemples jeunes et j'étais déjà dans la cinquantaine à ce moment-là. A cette époque, les végétariens étaient surtout des gens âgés qui se nourrissaient ainsi pour des raisons de santé. Nous voulions clairement convertir les jeunes, c'est pourquoi nous avons organisé des camps pour la jeunesse et nous leur avons fait connaître un style de vie sain, respectueux et en union avec la nature.

Votre épouse vous a-t-elle soutenu dans votre engagement?

Oui, nous avons tout fait ensemble. Toutefois, par la suite, sa maladie l'a contrainte à vivre huit mois par année aux Iles Canaries. Notre fils nous a également suivis dans notre ligne de conduite.

Quelles sont vos croyances?

Je suis réformé mais pas pratiquant. Pour moi, les humains de toutes les religions ont le même droit de vivre. J'ai souvent constaté que des gens qui se disent athées ont une éthique très élevée.

Qu'est-ce qui a changé? Etes-vous satisfait de la situation actuelle?

Aujourd'hui on peut devenir végétarien de diverses façons, il y a beaucoup de très bons produits qui ressemblent à la viande. La société est de mieux en mieux informée et malgré cela on avance pas à pas, on ne peut pas tout bousculer. Nous avons la noble tâche de sauver la planète, mais nous y arriverons seulement en agissant correctement sur le plan moral. Je reste optimiste!

Texte et photo Nell Andris.
Traduction: Eveline Albisser

Pour en savoir plus:
L'histoire du végétarisme, Végi-Info 2010/3f