Vraiment plus écolos les produits locaux?
Le transport
Il n’est pas inutile de rappeler que près de 40% des gaz à effet de serre imputables au transport de produits alimentaires sont générés non pas au moment de l’approvisionnement des distributeurs, mais bel et bien sur le trajet entre le magasin et le domicile du consommateur final. Parcourir de grandes distances en voiture pour s’approvisionner en aliments de production locale n’a aucun sens si l’on habite à proximité immédiate d’un point de vente standard dans lequel on peut se rendre à pied.
La distribution
Force est de constater que sur la totalité des émissions de gaz à effet de serre produits par un aliment durant l’entier de son cycle de vie, seul un dixième est à porter sur le compte du transport.
Lieu de production
N’oublions pas l’importance que revêt le mode de production dans le bilan écologique d’un aliment. Il n’est pas exclu qu’une pomme de production locale qui a séjourné tout l’hiver dans une chambre froide affiche une consommation énergétique supérieure à une pomme fraîchement cueillie importée de l’autre bout du monde.
De même, les aliments qui poussent sous serre ont un impact environnemental dix fois supérieur aux aliments produits en plein air. Entre un légume du sud qui a mûri en plein air et le même légume cultivé sous serre dans nos contrées, il est fort probable que la balance écologique soit favorable au légume ayant parcouru plus de kilomètres.
Le consommateur aura donc avantage à privilégier les fruits et légumes de saison, produits en plein air et dans sa région.
Un tableau saisonnier des fruits et légumes peut être téléchargé via le site de la Fruit-Union Suisse (www.swissfruit.ch) ou obtenu auprès de l’ASV sous forme de dépliant.
Le choix de l’aliment, plus important que le lieu de production
Le prolongement de la chaîne alimentaire via les animaux tels que veaux ou porcs occasionne bien plus d’émissions de gaz à effet de serre que le transport des aliments. Dans ce domaine, la palme revient à la viande de veau et aux produits laitiers. Suivant cette logique, la viande de production locale nuit donc plus à l’environnement que les fruits et légumes, même importés.
Le bilan des produits d’origine animale locaux s’alourdit encore si l’on tient compte du fait que le fourrage vient de très loin, comme du Brésil par exemple.
L’écart est tel que même si l’on parvenait à réduire à zéro le total de kilomètres imputables au transport de tous les aliments, l’impact sur le climat serait moindre que si un carnivore renonçait à manger de la viande une fois par semaine.
Résumé
Les consommateurs soucieux de préserver l’environnement ont tout avantage à accorder leur préférence aux végétaux plutôt qu’à la viande et ce avant toute autre considération. C’est là l’élément décisif pour l’impact sur les gaz à effet de serre. Les autres facteurs, tels que le mode de transport, de production et la distance entrent certes en ligne de compte, mais dans une moindre mesure.
Renato Pichler
Traduction: Evelyne Campana
Source:
WorldWatch: «Is Local Food Better?» par Sarah DeWeerdt
www.worldwatch.org/node/6064?emc=el&m=227941&l=4&v=e40a034b55
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