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MednatLe jeudi est végétarien à Gand (Belgique)

EVANA interroge Tobias Leenaert (voir Photo en haut) de l’association EVA, Belgique :

Le 13 mai 2009, Tom Balthazar, échevin au conseil municipal de Gand, chargé de la santé et de l’environnement, a lancé la campagne du «Jeudi végétarien» qui a été organisée en collaboration avec l’association EVA (Ethical Vegetarian Alternative, soit Alternative végétarienne éthique). Presque immédiatement après la diffusion du communiqué de presse annonçant la journée hebdomadaire sans viande, des réactions sont parvenues du monde entier, ce que même les organisateurs n'avaient pas prévu.
EVANA a voulu en savoir plus sur ce formidable nouveau projet et a demandé à Tobias des précisions sur l’historique de la campagne, sa préparation et son écho dans le monde.

EVANA: Tobias, tout d’abord, nous voudrions vous féliciter, ainsi que votre association, pour cette réussite incroyable de la nouvelle campagne du «Jeudi végétarien». Vous attendiez-vous à susciter autant d’intérêt dans le monde ?

Tobias Leenaert: Pas du tout. Je pensais que si nous devions faire un communiqué de presse international, il fallait le faire maintenant parce que c’est quelque chose de nouveau et d’original, mais je ne m’attendais vraiment pas à tout cet intérêt.

Pensez-vous que cette étonnante frénésie médiatique pourrait avoir un rapport avec le fait que, partout, des gens attendent que des politiciens courageux s’engagent dans des initiatives sans viande?  Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les réactions ?

Nous savons que la prise de conscience des gens sur les questions relatives à la viande (et en particulier l'impact sur le réchauffement climatique) augmente et oui, peut-être que nombre d’entre eux ont compris qu’il fallait que quelque chose de vraiment sérieux se produise, et cela ne peut être accéléré qu’avec un certain courage politique.
Les réactions que nous recevons sont extraordinaires. Ce n’est pas seulement l’attention de la presse mondiale, mais aussi les félicitations de groupes et de personnes du monde entier. Les gens disent qu’ils ont envie de reprendre cette idée, et c’est vraiment ce que nous voulions faire avec le communiqué de presse. Je pense que c’est formidable d’avoir pu montrer qu’une telle initiative est possible, et ce précédent facilitera la tâche d’autres groupes et d’autres villes qui voudraient faire la même chose.

Comment le projet est-il né? Qui a eu l’idée? Combien de temps a duré la phase de préparation?

Notre campagne «Thursday Meatout» (jeudi sans viande) existe depuis un an et demi maintenant. Nous sommes arrivés à l’idée d’une journée hebdomadaire sans viande par nous-mêmes je pense, mais ensuite, nous avons constaté qu’il existait déjà des lundis sans viande aux États-Unis.

MednatComment avez-vous réussi à obtenir un premier contact si constructif avec la municipalité de Gand? Y a-t-il eu un intérêt officiel immédiat ou avez-vous eu beaucoup de travail pour convaincre ?

Eh bien, ce qui a aidé, c’est que l’an dernier, nous avons persuadé le président du GIEC1, Rajendra Pachauri, de venir à Gand (nous lui avons simplement demandé, si vous voulez savoir comment nous avons fait), où il a parlé pour la toute première fois dans le détail de la viande et du réchauffement climatique.
Tom Balthazar, l’échevin en charge de l’environnement, était présent et il était encore plus convaincu après cela. Nous avons pris contact avec deux personnes de son équipe, qui étaient aussi enthousiastes, et nous leur avons suggéré de demander à Balthazar s’il serait prêt à proclamer officiellement les jeudis jours végétariens.
Nous sommes également fiers de dire que Monsieur Pachauri a été inspiré par notre idée d’un jour végétarien et qu’il répand la bonne nouvelle dans le monde.

Mais peut-être certains des hommes politiques étaient déjà végétariens, ce qui a aidé à mettre sur pied cette coopération constructive?

Pas du tout. Toutefois, Gand est une ville très accueillante pour les végétariens. Nous avons 13 restaurants végétariens pour une population de 240000 habitants, ce qui est bien mieux que n’importe quelle ville occidentale que je connaisse.

Vos partenaires politiques sont-ils principalement issus du secteur de la santé publique ou bien avez-vous impliqué des spécialistes de l’écologie?

Tom Baltazar, l’échevin, est en charge des quatre domaines que nous désignons généralement comme les quatre bonnes raisons de devenir végétarien: santé, environnement, bien-être animal et relations Nord-Sud. Donc, c’est lui qu’il nous fallait atteindre.

Un journal allemand a déclaré Gand «capitale des végétariens». Vos responsables locaux doivent être heureux de ce genre d’action de relations publiques pour leur ville ?

Oui, ils ont l’air vraiment ravis. En fait, je viens d’entendre le maire à la radio et il a prétendu que la campagne faisait partie de son grand projet marketing pour la ville.

Avez-vous prévu quelque chose pour les touristes végétariens qui veulent participer aux jeudis sans viande de Gand ?

J’espère qu’ils pourront lire notre carte des restaurants végétariens de la ville en néerlandais. Cela ne devrait pas être bien difficile. Mais ils peuvent aussi nous contacter.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la «capitale végétarienne»? Comment cette incroyable variété de magasins et lieux de restauration végétariens s’est-elle produite ?

En fait, je ne sais vraiment pas. Mais nous sommes dans une ville progressiste, avec énormément d’étudiants.

Quelles sont les villes qui ont demandé des renseignements pour mettre elles aussi en place des jours sans viande ?

En Belgique, il y en a deux pour l’instant (Hasselt et Merelbeke). Les Verts ont fait une proposition pour Louvain. Nous avons reçu des mails d’Allemands, de Animal Aid et de Peta UK qui voulaient davantage d’informations car ils ont leurs propres projets.

Quel est votre conseil pour une association végétarienne qui voudrait suivre l’exemple d’EVA afin d’établir des contacts décisifs avec les décideurs ?

Nous sommes dans une bonne période pour le végétarisme, mais d’un autre côté, il faut que l’association soit crédible. Je pense que nous sommes aussi la seule association végétarienne du monde dont la structure est financée par le gouvernement (nous avons commencé comme une association de bénévoles et avons obtenu des subventions plus tard – mais attention, nous sommes totalement indépendants). Nous avons travaillé pendant des années à nous constituer une image crédible et professionnelle. Cela aide de ne pas être une association pour les droits des animaux, car les associations et institutions traditionnelles sont plus susceptibles d’être intéressées par les arguments de la santé et de l’environnement.

EVA travaille-t-elle ailleurs dans le pays? Sinon, avez-vous des projets pour élargir sa portée de façon à ce que des dispositions similaires puissent être prises dans d’autres régions belges?

Certainement, nous voulons étendre notre portée et faire en sorte d’impliquer autant de villes que possible. Et qui sait, peut-être aurons-nous une journée végétarienne hebdomadaire au niveau national un jour. Pour l'instant, nous travaillons en Flandre (partie de langue flamande de la Belgique).

Tobias, à EVANA, nous croisons les doigts pour que cette formidable initiative s’épanouisse et se répande dans les années à venir, et je vous remercie beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Herma Caelen
Traduction: Françoise Degenne

1 Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du climat.