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Schutzanzug GrippevirenLa peur des épidémies est de retour, comme chaque année
Quel crédit accorder à la menace d’une pandémie d’ampleur mondiale?

Ces jours-ci, les médias suscitent encore une fois l’émoi avec une nouvelle épidémie censée menacer l’humanité entière. «L’UE s’attend à des pertes humaines», «Un tiers de l’humanité pourrait contracter le virus», «Vacanciers en quarantaine»: voici quelques exemples des gros titres anxiogènes qu’on peut lire et entendre quotidiennement dans la presse. Il y a trois ans de cela, les médias avaient agité le spectre d’une pandémie mondiale générée par le virus H5N1, le virus de la grippe aviaire, et martelé le message auprès du public. Avant cela, on parlait de l’ESB et aujourd’hui c’est la grippe porcine qui fait la une. Quel danger devrons-nous affronter l’année prochaine? Et la menace d’une épidémie mondiale est-elle aussi sérieuse que les reportages veulent nous faire croire?

ThermometerQuelques faits concernant les affections grippales

En réalité, la grippe porcine a entraîné la mort d’un peu plus de 100 personnes et infecté 1'600 autres, le nombre de nouveaux cas étant actuellement en régression. Contrairement à cela, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que la grippe commune affecte plus sévèrement trois à cinq millions de personnes par an et qu’elle entraîne la mort de 250000 à 500000 personnes.

La consommation de viande rend aussi indirectement malade en soutenant l’élevage animal intensif, source de maladies.

Même si, de prime abord, un total de 100 morts peut sembler considérable, ce chiffre se voit relativisé par les nombreux décès entraînés par une grippe classique à l’échelle mondiale. Il n’y a donc aucune raison objective de se laisser abuser par le tapage médiatique organisé autour du nouveau virus. Quels sont donc les enjeux cachés de cette médiatisation?
D’une part, les groupes pharmaceutiques peuvent tirer de substantiels revenus de la menace d’une maladie dangereuse. Celle-ci a permis non seulement au Tamiflu, médicament resté dans l’ombre pendant des années, de générer des milliards de bénéfices pendant l’épidémie de grippe aviaire, mais de revenir également sur le devant de la scène au titre d’unique remède contre la grippe porcine. Il y a quelques années de cela, il s’est déjà avéré que ce médicament ne servait qu’à rassurer la population. Toutefois, il n’y a encore aucune preuve scientifique venant étayer la protection réelle offerte par le Tamiflu contre les virus grippaux. D’autre part, les nouvelles d’épidémies représentent également une aubaine pour les médias car celles-ci leur fournissent, sans grands efforts, un thème auquel tout le monde s’intéresse et leur permettant de faire décoller leurs ventes (lire à ce sujet le Végi-Info 2006/2).

SchweinestallGrippe porcine

Les éleveurs de porcs n’apprécient pas, bien entendu, l’expression «grippe porcine» de crainte de voir leur chiffre d’affaires s’effondrer. La Confédération a cédé aux revendications des éleveurs et ne parle à présent plus que de grippe A (H1N1), bien qu’on sache aujourd’hui que cette nouvelle forme de grippe n’aurait pu voir le jour sans l’élevage intensif de porcs.

La consommation de viande génère des épidémies car les élevages intensifs d’animaux constituent des foyers infectieux.

La peur des épidémies sommeille en chacun de nous

Ces épidémies ont toutes un point commun: leur foyer se retrouve dans les élevages intensifs de l’industrie animale. Ainsi, le premier cas de grippe aviaire s’est déclaré dans un élevage de volailles en Asie. Quant à la grippe porcine, c’est un élevage de porcs de Veracruz (Mexique) qui s’est vu visé. Il s’agit de deux entreprises, parmi tant d’autres, qui élèvent des milliers d’animaux dans des conditions déplorables. Il n’est donc pas étonnant que les épidémies trouvent un terrain de prolifération idéal dans ce milieu. Cependant, personne ne se soucie des conditions de vie dans les élevages intensifs tant qu’aucun être humain ne se voit lésé. Et même si ces élevages génèrent sans cesse de nouvelles maladies, les politiciens et les scientifiques n’ont de cesse de répéter que la consommation de produits carnés ne représente aucun danger pour les humains, sans toutefois étayer leurs affirmations. En effet, il leur importe bien plus de ménager au mieux l’industrie de la viande et de rassurer la population. Cependant, de nombreuses personnes se contentent de ces informations sans autre forme de procès, se déchargeant ainsi de la responsabilité de leurs habitudes alimentaires et de vie. En outre, il est bien vu dans le monde civilisé d’offrir aux animaux de rente des conditions «répondant», au mieux, «à leurs besoins» et de les élever dans un maximum d’espace. Notre conscience se voit apaisée par les recommandations nous incitant constamment à acheter de la viande biologique ou produite par le paysan du coin. Toutefois, nous ne pouvons pas refouler, au niveau subconscient, le fait que tout animal, ayant bien vécu ou non, devra finalement être sacrifié avant d’atterrir dans notre assiette. Sans doute est-ce la mauvaise conscience qui ronge secrètement le cœur de l’homme et qui lui fait craindre une épidémie d’ampleur mondiale. En effet, les hommes sentent peut-être en leur for intérieur qu’ils devront un jour payer leur tribut à l’élevage intensif et à l’exploitation constante des animaux.

«La décision de déclarer une pandémie de grippe est une responsabilité et un devoir que je prends très, très au sérieux».
Mary Chan, directrice générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), mai 2009.

Bernadette Raschle
Traduction: Sophie Marie