Carence en vitamine B12
La plupart des personnes concernées sont carnivores
B12: aucune autre vitamine n’a provoqué autant de controverses parmi les végétariens, et surtout parmi les végétaliens. Hilmar Steppat s’est entretenu avec Thomas Klein au sujet de son livre récemment paru, « Maladie populaire, carence en vitamine B12 – Fausses théories et causes véritables » (en allemand) .
Cette interview de Thomas Klein, auteur de « Maladie populaire – carence en vitamine B12 » par l’Association végétarienne allemande (VEBU), est publiée dans l’édition printemps 2008 de la revue « Naturellement végétarien » .
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Quelle était votre motivation pour la rédaction de ce livre ?
On dit partout qu’il faut manger de la viande pour couvrir ses besoins en vitamine B12. Les végétariens, s’ils ne veulent pas changer leur alimentation, devraient au moins prendre des compléments de vitamine B12. Pourtant ces affirmations sont fausses, et mon but était la clarification et le résumé des connaissances concernant les maladies de carences en vitamine B12 et vitamine B-12.
Ce n’est donc pas nécessaire de manger de la viande pour éviter une carence en vitamine B12 ?
Non. La plupart des malades en carence de vitamine B12 sont carnivores. La viande contient bien de la vitamine B12, mais une alimentation bourgeoise courante, généralement riche en viande, endommage à long terme chez beaucoup de personnes les muqueuses de l’estomac et de l’intestin, suite à une hyperacidité, de façon que, tôt ou tard, la vitamine B12 contenue dans la nourriture ne peut plus être absorbée. Il ne sert alors à rien de manger de grandes quantités de viande, de poisson, de fromage, de séré ou d’œufs. Il est également inutile d’avaler des préparations de vitamine B12 si l’absorption est bloquée.
D’où les végétariens reçoivent-ils leur apport en vitamine B12 ?
Tout d’abord il faut retenir que seules des bactéries peuvent produire cette vitamine. La vitamine B12 de la viande d’animaux de boucherie provient de leurs bactéries contenues dans le canal digestif. De la même façon, la flore intestinale de l’être humain peut en produire si la nourriture contient suffisamment de traces de cobalt. Les animaux herbivores ne souffrent pas de carence en vitamine B12, sinon ils auraient disparus depuis longtemps, de même que les carnivores. D’ailleurs les singes fructivores, très semblables à l’homme par leur physiologie de nutrition, survivent eux aussi avec une alimentation végétarienne. Il est à mentionner que même des plantes peuvent contenir des traces de vitamine B12 si elles ont poussé sur un terrain riche en humus. Cette vitamine B12 est alors produite par les bactéries du sol et elle est absorbée par les plantes.
On dit pourtant que beaucoup de végétariens souffrent d’un manque de vitamine B12. Comment peut-on expliquer cela ?
Beaucoup de végétariens souffrent en effet d’une carence en vitamine B12. Ceci ne provient cependant pas de l’alimentation végétarienne elle-même, mais d’une alimentation végétarienne qui est fausse. Le manque de vitamine B12 ne se manifeste pas seulement chez les « végétariens-pudding » et « végétariens- pralinés », mais souvent aussi chez les adeptes de muesli ou de pain, de même chez ceux qui absorbent beaucoup d’huile végétale et de margarine. J’en ai décrit les raisons dans mon livre. En plus, beaucoup de végétariens absorbent des substances agressives qui attaquent à la longue les muqueuses de l’estomac et de l’intestin, ce qui peut finalement bloquer l’absorption de vitamine B12. Ne mentionnons que l’acide tannique dans le café, dans le thé noir ou dans le thé vert, ou encore l’acide chlorogénique dans le café. La liste des produits nocifs pour l’estomac ou l’intestin est longue. De même, le sel irrite et endommage à la longue les muqueuses. Qu’on se mette un peu de sel sur une plaie ouverte et on peut s’imaginer ce que les muqueuses doivent endurer avec une nourriture riche en sel. C’est pourquoi il vaudrait mieux ne pas en abuser, ou mieux, y renoncer complètement. Les épices très fortes provoquent une irritation encore pire que le sel. L’alcool peut également influencer négativement l’absorption de vitamine B12. Le plus grand danger provient cependant de nombreux médicaments qui contiennent des substances excessivement agressives.
Comment un végétarien devrait-il se nourrir pour éviter un manque de vitamine B12 ?
L’alimentation qui nous maintient en bonne santé assure en général aussi une quantité suffisante de vitamine B12. Les légumes et les fruits doivent être considérés comme nourriture de base et non seulement comme un accompagnement.
Parmi les végétariens on entend souvent qu’il faudrait manger des algues spiruline pour couvrir son besoin en vitamine B12. Qu’en est-il ?
Les spirulina, tout comme d’autres algues, contiennent des substances qui ressemblent à la vitamine B12 et qui, de ce fait, bloquent les récepteurs pour l’absorption de vitamine B12. Quiconque mange de la spiruline quotidiennement peut tout à fait provoquer le contraire de ce qu’il souhaitait.
La carence en vitamine B12 est-elle largement répandue ?
Oui, surtout chez les personnes plus âgées. Des études ont démontré que jusqu’à 40% des résidents d’établissements pour personnes âgées souffrent d’une carence. Le problème réside dans le fait que la carence passe souvent inaperçue parce que les médecins et les naturopathes ne sont pas au courant des moments suspects et ignorent pour cette raison la carence. Fatalement, toutes sortes de thérapies insensées et de médicaments sont alors prescrits, qui aggravent encore l’état des malades.
Quels sont les symptômes qui font penser à une carence en vitamine B12 ?
La vitamine B12 est vitale pour beaucoup de processus dans le corps, entre autres pour la conservation des fibres nerveuses et du cerveau. Les maux et les maladies dus à un manque peuvent être multiples et graves, entre autres faiblesse, apathie, manque d’énergie, anémie, dépressions, grisonnement précoce des cheveux, vieillissement accéléré, dépérissement général, troubles psychiques, oublis et pertes de mémoire, diminution des capacités psychiques et physiques, démence, sénilité, douleurs inexplicables suite à un endommagement des nerfs, malaises, sensation de surdité, troubles de l’ouïe et de la vue, tressaillement des muscles et tremblements, incontinence, sclérose multiple et maladie de Parkinson – pour ne citer que quelques-unes des maladies.
Que faut-il faire en cas de suspicion d’un manque de vitamine B12 ?
Les statuts de la vitamine B12 doivent impérativement être contrôlés par une méthode sûre. La vitamine B12 disponible dans les cellules est décisive. Par un diagnostic à temps et en parant immédiatement à la carence même, des maladies graves peuvent être guéries. Malheureusement ce test est fait beaucoup trop rarement et les causes de la maladie restent ignorées. En plus on pratique encore des méthodes d’analyses avec une probabilité d’erreur élevée, comme p. ex. le test du sérum sanguin, malgré le fait qu’entre-temps des méthodes sûres ont pris leur place dans la médecine des laboratoires.
Que faire si une carence en vitamine B12 est réellement détectée ?
Généralement, l’absorption de vitamine B12 est alors bloquée, de sorte que ni le foie cru, ni l’huile de foie de morue ni des compléments ne peuvent remédier à ce manque. La vitamine doit être injectée.
Ne devrait-on pas d’abord essayer une correction dans la nutrition ?
Il est souvent trop tard pour cela. Les dommages causés aux muqueuses ont agi pendant des années et des dizaines d’années ; ensuite il a fallu des années pour épuiser les réserves dans le foie. Dès que les premiers indices de maladies, suite à une carence, sont constatés, il est indiqué d’entreprendre immédiatement un traitement par injections pour éviter des dommages irréversibles, par exemple sur les nerfs. Malgré tout, il faudrait absolument corriger aussi l’alimentation, pour que les muqueuses de l’estomac et de l’intestin puissent se régénérer et pour que l’état général du patient puisse s’améliorer.
Pour terminer, qu’aimeriez-vous recommander à nos lectrices et lecteurs ?
Il est conseillé à chacun de s’informer sur la vitamine B12, afin de prendre les mesures adéquates en cas de suspicion, sans perdre de temps précieux, pour éviter si possible des dégâts irréversibles sur le système nerveux. Malheureusement, il y a trop peu de médecins et de naturopathes qui sont au courant du manque de vitamine B12. On ne peut donc pas avoir la certitude que le médecin consulté soit informé.
Vu la propagation de la carence en vitamine B12, ce savoir peut être des plus bénéfiques dans notre famille et chez nos connaissances. Il y a une grande différence si un sexagénaire peut vivre encore vingt-cinq ans d’une vie active et épanouie ou si, à cause d’une carence en vitamine B12 non détectée, il tombe dans la démence et doit être pris en charge les dernières années de sa vie.
Tiré de : « Naturellement végétarien », printemps 2008, www.vebu.de.
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Dernière actualisation de cette page indiquée: 21.1.2011
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Commentaires de l’ASV sur la vitamine B12: