Kopf SVV-Mitgliedschaft Breite einstellen

Die SVV heisst seit 2014: Swissveg

Unsere neue Homepage finden Sie hier: www.swissveg.ch


Seite veraltet!
Diese Seite wird nicht mehr aktualisiert! Unsere aktuellen Infos finden Sie auf unserer neuen Homepage: Swissveg.


Diese Seite wird nicht mehr aktualisiert.
Wir heissen seit 2014 Swissveg und sind nun hier zu finden: www.swissveg.ch

Le refus psychologique d'un changement alimentaire

Pourquoi y a-t-il encore des gens qui préfèrent un bref plaisir du palais à la vie d'un animal? Qu'est-ce qui amène quelqu'un à accepter l'énorme coût écologique de la production de viande et par ailleurs à refuser la violence gratuite, tout en cautionnant la violence dans les abattoirs?

Il est difficilement concevable pour des végétariens de longue date de pouvoir manger des animaux sans mauvaise conscience.
Une des raisons est certainement un niveau d'information différent: les végétariens en savent généralement plus sur la production de viande que les carnivores. Mais cela ne saurait être l'unique ou principale raison puisqu'il est aujourd'hui plus simple que jamais de s'informer. Si de nos jours quelqu'un ignore ce qui se passe dans les élevages industriels, c'est qu'il a dans ce cas systématiquement esquivé la question. Et si une telle personne apprend tout de même quelque chose, l'information est immédiatement refoulée.
Mais qu'est-ce qui empêche un carnivore d'admettre les conséquences de son comportement? Est-ce de la pure ignorance? Du genre: après moi le déluge – le principal est que je puisse profiter à 100% de la vie aujourd'hui?
Cela équivaudrait à une capitulation devant toute éthique et toute morale, et c'est peut-être bien le cas pour beaucoup de gens. Mais il en existe aussi pour qui un comportement éthique fait bel et bien partie du quotidien. Ils s'occupent avec attention de leur famille ou d'un animal domestique, font des dons aux personnes dans le besoin, s'engagent éventuellement même dans des projets environnementaux. Et pourtant, ils continuent de consommer des aliments qui causent les plus importants dégâts écologiques et qui sont éthiquement les plus problématiques. Qu'est ce qui peut donc se cacher derrière cet extrême attachement à la consommation de viande?

Ça ne peut pas être si grave

Une des motivations les plus courantes de consommer de la viande tient au fait que beaucoup de personnes n'imaginent pas que la production de viande soit véritablement aussi affreuse que le laissent apparaître de temps en temps les médias. L'horreur quotidienne dans un abattoir est si douloureuse que beaucoup refusent de l'accepter comme une réalité, et encore plus de la voir de leurs propres yeux. Ils jugent selon le principe: cela ne peut simplement pas être ainsi, et ne l'est donc pas. Ou alors selon une variante: si c'était vraiment si grave, cela serait certainement interdit.
Lorsqu'une émission TV met exceptionnellement en évidence les conditions réelles de la production de viande en masse, beaucoup de personnes se disent: il était temps que cela soit dévoilé. Maintenant que ces conditions intenables ont été portées au grand jour, elles ne vont plus se reproduire. Je peux donc de nouveau manger de la viande la conscience tranquille.
Cette hypothèse est trompeuse: de nos jours, il n'existe quasi aucune maltraitance qui ne soit pas mise en pratique du moment qu'elle peut optimiser les profits de l'industrie de la viande.
De plus, il arrive trop rarement que la maltraitance d'animaux soit punie de manière sévère et conséquente, puisque ceux qui sont censés prononcer les peines ont des liens trop étroits avec les fautifs. Même l'Union européenne a critiqué cette année le fait qu'il manque en Suisse une instance de contrôle et d'émission de sanctions indépendante (lire Vegi-Info 2006/2 en allemand, page 14).
La situation est donc réellement alarmante, et il n'y a pas de changement en vue. Il y a bien toutes sortes de labels pour les quelques consommateurs de viande prêts à payer nettement plus cher afin que les animaux soient mieux traités. Mais ces consommateurs consomment toujours de la viande provenant d'animaux maltraités, du moins s'ils mangent régulièrement à l'extérieur. De plus, il n'existe pas d'abattoir « bio », bio (qui signifie vie) et abattage étant incompatibles par définition.

«L'éthique est la responsabilité élargie, sans limites, envers tout ce qui vit.»
Albert Schweitzer (1875–1965)
Théologien et médecin missionnaire; prix Nobel de la paix 1952

Porter la responsabilité de ses actes

La société d'aujourd'hui est si complexe qu'il existe des experts pour tout. Cela nous amène à déléguer nos responsabilités également dans des domaines pour lesquels ce n'est au fond pas possible. Cela ne ferait bien sûr pas de sens si chacun devait répondre lui-même du bon fonctionnement de sa voiture ou d'un autre outil technique. Mais lorsqu'il s'agit de porter la responsabilité des conséquences de ses actes, on ne peut la déléguer à personne.
Ce sens des responsabilités n'est malheureusement pas très répandu. On a plutôt tendance à se limiter à son propre plaisir lors de ses choix, sans réfléchir davantage aux conséquences. On part du principe que l'achat d'un produit (p. ex. de la viande) ne peut pas être quelque chose de mal puisque on le trouve dans tous les magasins.
Il serait bien sûr merveilleux de vivre dans un monde dans lequel on pourrait avoir la certitude que tout ce qu'on peut acheter a été produit dans des conditions éthiquement et écologiquement irréprochables. Que cela n'est plus le cas depuis longtemps se voit déjà rien qu'à l'existence des nombreux labels désignant des produits qui répondent au moins à une partie de ces critères. Le critère principal lors de la fabrication d'un produit est, de nos jours, le profit économique qui peut en être tiré. L'écologie est le plus souvent oubliée.
C'est la raison pour laquelle on ne peut déléguer à personne la responsabilité de son propre comportement en matière de consommation. Dès que l'on donne de l'argent à quelqu'un en échange d'une marchandise, on soutient la personne qui obtient la somme. Tout un chacun devrait donc gérer son argent de manière judicieuse et se demander: est-ce qu'avec mon argent je veux soutenir des élevages de masse et des abattoirs, ou plutôt des cultivateurs de fruits et de légumes qui produisent avec des méthodes durables?

Des conséquences de grande portée

Lorsqu'on choisit de ne pas consommer de viande pour des raisons éthiques, cela a des conséquences sur chaque aspect de la vie.
Passer à une alimentation végétarienne (et d'autant plus à une alimentation végétalienne) n'est possible qu'à condition de perdre toute confiance aveugle en ce que les médias de masse nous servent, puisqu’ils prétendent à répétition que la consommation de viande est saine et nécessaire.
Cette perte de confiance en les médias ne facilite pas la vie au quotidien, vu que cela demande davantage de responsabilité personnelle. Beaucoup de personnes craignent tant d'indépendance et préfèrent vivre comme la grande masse, au lieu de réfléchir pour chaque action à ce qui est juste ou faux. En tant que végétarien par contre, on ne concoit plus que rarement suivre simplement le mouvement parce que « cela se fait comme ça. » Car on ne prend plus « la masse » pour modèle éthique. La plupart des gens trouvent une vie plus autonome également plus intéressante, d'autres cependant redoutent de prendre de la responsabilité sur eux. Déjà par le passé, de grands crimes de l'histoire de l'humanité n'ont pu être commis qu'à cause des nombreux sympathisants qui n'étaient pas prêts à porter la responsabilité de leurs actes.

«On dit souvent que les humains on toujours mangé de la viande, comme si c'était une excuse pour continuer de le faire. Selon cette logique, nous ne devrions pas tenter d'empêcher les gens à en tuer d'autres, puisque cela aussi s'est toujours fait.»
Isaac B. Singer (1904–1991)
Ecrivain; prix Nobel 1978

Remettre en question les traditions

Ce n'est pas seulement la croyance en l'omniprésente publicité sur la «viande qui donne de la force » etc. qui se trouve bouleversée par une alimentation végétarienne; il y a aussi de nombreux autres concepts qui doivent être reconsidérés. Les parents des actuels végétariens mangeaient encore pour la plupart de la viande. Puisque leurs enfants végétariens estiment que c'est une erreur, ils se demandent naturellement si d'autres attitudes héritées de leurs parents restent valables.
Beaucoup de personnes ne sont pas prêtes à affronter d'aussi fondamentales remises en question et préfèrent continuer de se nourrir comme leurs parents. S’ajoute à cela qu'on remet bien sûr également en question sa propre alimentation passée: il ne se peut pas que j'aie fait quelque chose de faux durant de si nombreuses années. On en oublie le vieil adage disant que personne n'est parfait. Ce n'est pas un crime d'avoir commis des erreurs et de les admettre, mais il en va autrement des erreurs dont on s'est rendu compte tout en continuant de les commettre, par simple habitude.

Après le changement alimentaire

Les végétariens de longue date ne rencontrent en principe plus que très peu de difficultés par rapport à leur mode de vie. Avec le temps, on développe un regard plus critique sur les médias de masse et les avis d'experts, et on apprend également à mieux situer des affirmations (p. ex. en se demandant qui a payé l'expert en question pour qu'il donne son avis).
Bien qu'il soit parfaitement absurde de devoir justifier son refus de faire maltraiter et tuer des animaux pour le simple plaisir du palais, les végétariens y sont fréquemment confrontés: ils se retrouvent à devoir défendre leur comportement éthique face à la consommation de viande irréfléchie de la majorité. Ne pas toujours faire ce que tout le monde

fait exige déjà rien que pour cela une certaine force de caractère.

Conclusion

Oui, cela demande un peu plus d'énergie de mener une vie autonome.
Un mode de vie qui consiste à vivre au jour le jour sans sens de la responsabilité n'est pas compatible avec une alimentation consciente. Vu qu'une alimentation végétarienne conséquente implique une attitude différente, il faut veiller en tant que végétarien à ne pas trop exiger des personnes non-végétariennes. Se détacher de la masse est un processus que peu de personnes accomplissent en l'espace de quelques jours.
Mais les nombreux effets positifs d'un comportement responsable démontrent aussi qu'il vaut la peine de familiariser son entourage avec un mode d'alimentation éthique.

Renato Pichler

Voir aussi notre feuille d'information: L'aspect psychologique du végétarisme