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L’élevage est encore plus néfaste pour le climat que la circulation automobile

C’est une première : une organisation onusienne s’est penchée sur les conséquences écologiques de la production de viande. Un document de 400 pages a été publié, qui montre les conséquences désastreuses de cette production pour l’environnement à l’échelle de toute la planète.

FAO

La FAO lutte contre la famine dans le monde (selon sa propre conception). Elle se définit en tant qu’organisation neutre au service à la fois des pays développés et des pays en développement.
Son principal cheval de bataille : moderniser l’agriculture dans les pays en développement. Ce faisant, elle privilégie en particulier la production de viande et de poisson.
www.fao.org

La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) est plutôt connue pour promouvoir la consommation de viande dans le monde entier. Mais elle ne peut manifestement plus continuer à faire comme si elle ne voyait pas les conséquences gravissimes de la production de viande sur l’environnement. C’est ainsi qu’elle consacre son étude la plus récente aux conséquences écologiques de cette production.
Les questions suivantes y sont abordées:
• Utilisation et transformation des sols du fait de l’élevage.
• Impact des animaux d’élevage sur le changement climatique et sur la pollution de l’air.
• Rôle joué par les animaux d’élevage dans la pénurie d’eau et la pollution des eaux.
• Impact des animaux d’élevage sur la biodiversité.
• Changements et réponses possibles au niveau politique.

En tant que lecteur ou lectrice de Vegi-info, vous avez sans doute pris connaissance de la plupart des données factuelles en lisant la brochure de l’ASV intitulée « Les conséquences écologiques de la consommation de viande ». C’est pourquoi nous ne donnons ici qu’un petit aperçu de ce que l’on trouve dans ce nouveau rapport.
• 70% des zones déboisées d’Amazonie sont utilisées comme pâturages pour le bétail, et la culture des denrées destinées à nourrir ce bétail occupe une grande partie des 30% restants.
• L’élevage est donc aujourd’hui la cause principale de la destruction de la forêt amazonienne.
• La FAO s’attend à ce que la production globale de viande et de lait augmente de 100% durant la première moitié de ce siècle.
• L’élevage contribue davantage au réchauffement climatique que la circulation automobile.
• L’élevage est responsable de 68% des émissions mondiales d’ammoniac. Celui-ci favorise les pluies acides.
• Les animaux d’élevage consomment environ 8% de l’eau potable mondiale et ils comptent donc parmi les plus grands consommateurs d’eau. À titre de comparaison : La quantité d’eau que consomment les êtres humains pour une utilisation immédiate, (par exemple pour se doucher et boire) n’atteint qu’à peu près 1%.
• 70% des terres agricoles mondiales sont utilisées pour l’élevage.
• 33% des terres cultivées dans le monde entier (soit 471 millions d’hectares) le sont pour produire la nourriture des animaux d’élevage.
• 26% de la surface de la planète (à l’exclusion des zones maritimes et glaciaires), autrement dit 3433 millions d’hectares, sont utilisés comme pâturages pour les animaux d’élevage.

Golfe du Mexique

Les affluents du fleuve Mississippi charrient près de 41% de l’eau des Etats-Unis vers le golfe du Mexique. En conséquence, l’état de ce fleuve en dit long sur la qualité de l’eau aux Etat-Unis.
Dans le golfe du Mexique, cette pollution a tellement modifié la composition de l’eau que toute vie a disparu sur une zone de 20 700 km2 en raison du manque d’oxygène sur le fond marin. L’élevage bovin (y compris la production du fourrage) est à l’origine de ce désastre. La FAO en veut pour preuve les conclusions d’une étude selon laquelle l’utilisation d’engrais dans le bassin d’alimentation du Mississipi pourrait être réduite de moitié si les Etats-Unis optaient pour le végétarisme, et ce sans aucune diminution de la production de protéines alimentaires.
Malgré tout, la FAO n’approfondit malheureusement pas la réflexion sur le végétarisme en tant que solution possible pour remédier à un grand nombre de problèmes environnementaux.
(pages 212 et 213)

Solutions possibles:

Ce que le rapport de la FAO propose comme solutions à ce problème crucial est bien sûr particulièrement intéressant. Comme elle a jusqu’à présent toujours œuvré pour que l’on consomme plus de viande dans les pays en voie de développement, nous serions heureux d’apprendre qu’elle reconnaît qu’elle a fait fausse route. Malheureusement, elle ne démord pas de la ligne qu’elle s’est fixée, laquelle est de fournir à tous les êtres humains le plus d’aliments d’origine animale possible.
Cela va sans doute désormais lui poser quelques problèmes de conscience, mais à en croire les conclusions du rapport, il est peu vraisemblable qu’elle change de cap.

Pour justifier son argumentation selon laquelle les produits animaux seraient essentiels, elle s’appuie sur une seule étude, laquelle a été menée sur des enfants kenyans souffrant de malnutrition, et a été financée par l’industrie de la viande (voir à ce sujet : http://www.euroveg.eu/lang/fr/news/press/20050224.php).
À la fin de l’étude, la FAO se demande pourquoi la situation actuelle est telle que nous la connaissons. Voici sa réponse : (page 305 à gauche). « L’opinion publique n’est pas suffisamment sensibilisée à l’ampleur du problème. Cela vaut sans doute aussi pour la majorité des militants écologistes et des décideurs politiques, et ils devraient se préoccuper davantage de l’impact gigantesque de l’élevage sur le climat, la biodiversité et l’eau. »

La FAO exige par ailleurs que le prix de la nourriture destinée aux animaux ainsi que celui des produits d’origine animale tiennent compte du coût environnemental. Bien qu’aucune somme d’argent, si importante fût-elle, ne puisse faire renaître une photo tropicale de ses cendres, il s’agit d’un pas important dans la bonne direction. En effet, si cela se réalisait, le prix de la viande augmenterait tellement que la consommation se déplacerait vers les produits végétaux, plus respectueux de l’environnement.
Mais de son propre aveu, si la FAO exprime cette exigence, c’est parce qu’elle pense que les êtres humains sont prêts à payer plus pour les produits d’origine animale. Ainsi la consommation de ces produits redeviendrait un symbole de statut social et un modèle à suivre, ce qui entraînerait une nouvelle hausse de la consommation dans les couches les plus pauvres de la population.
Il reste à espérer que la prophétie selon laquelle la consommation de viande va doubler d’ici 2050 ne se réalisera pas, même si la FAO continue à la promouvoir en faisant comme si cette augmentation de 100% était quelque chose de naturel contre quoi il est inutile d’entreprendre quoi que ce soit.
En tout cas, l’ASV va poursuivre son travail d’observation sur ce qui se passe au sein de la FAO, et continuer à vous informer des développements futurs.

Les émissions de méthane produites par les ruminants suisses se chiffrent à 136 000 tonnes par année (373 tonnes par jour!). Or l’impact du méthane sur le climat est vingt fois supérieur à celui de la même quantité de dioxyde de carbone.

L’action de l’ASV

En comparaison mondiale, la consommation de viande en Suisse est assez élevée et contribue de ce fait considérablement à aggraver les problèmes décrits dans le présent article. Pour attirer l’attention des politiciens sur ce phénomène, l’ASV a fait parvenir à la mi-janvier une copie de cette étude à tous les membres du Conseil national, du Conseil des Etats et du Conseil fédéral. Ce geste a été étonnamment bien accueilli. De plus, il semble que cette étude était jusqu’alors largement méconnue, puisqu’aucun politicien n’a indiqué en avoir déjà eu connaissance.
Il va de soi que les avis négatifs, émanant pour la plupart d’éleveurs de porcs et de bovins, dont le Parlement compte un certain nombre de représentants, n’ont pas manqué. Les réactions négatives très vives n’établissent souvent aucun lien avec l’étude mais révèlent que les lobbies concernés n’envisagent même pas d’accorder le moindre crédit aux résultats de ce type d’étude. Il serait souhaitable que les électeurs examinent de très près leurs candidats favoris avant les prochaines échéances…

Renato Pichler

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