Kopf SVV-Mitgliedschaft Breite einstellen

Die SVV heisst jetzt: Swissveg
Unsere neue Homepage finden Sie hier: www.swissveg.ch


L’affaire de la vitamine B12

Si l’on tient compte du fait qu’il n’y a pas encore beaucoup de personnes veganes en Europe, il semble étonnant de constater l’intensité de l’intérêt porté par les médecins et les diététiciens envers l’alimentation vegane. Dans la plupart des cas, cette «occupation» ressemble plutôt à un combat sans avoir pris des informations plus en profondeur. En mettant de côté les nombreux préjugés à l’encontre de ce type d’alimentation, on retrouve souvent la même critique: les personnes veganes accuseraient plus souvent une carence en vitamine B12 que les consommateurs de viande. Est-ce vrai ? Et si oui: D’ou cela vient-il?


Qu’en disent les experts?
Avec environ 70.000 membres, l’ADA (American Dietetic As-so-cia-tion) est la plus grande association mondiale d’experts en alimentation. En 2003, elle a diffusé en coopération avec son partenaire au Canada une Déclaration portant sur l’alimentation végétarienne. On y trouve notamment que: «Une alimentation vegane bien planifiée, ou tout autre mode d’alimentation végétarienne, convient pour chaque étape de la vie, y inclus la grossesse, l’allaitement, l’enfance et l’adolescence.»1
Il faut observer qu’aux Etats-Unis beaucoup plus qu’en Suisse et dans la plupart des autres pays européens on trouve des aliments enrichis de vitamine B12. Aujourd’hui tous les experts sont d’accord sur le fait que les produits d’origine animale constituent un problème dans la petite enfance. En plus, on sait que dans les pays où la consommation d’aliments d’origine animale est élevée, celle en légumes, fruits et salades est généralement insuffisante. Une alimentation vegane variée et soigneusement planifiée répond davantage aux recommandations pour une alimentation saine que celle basée essentiellement sur des produits d’origine animale. On pourrait au moins réduire beaucoup de maladies dues à une alimentation inadéquate en s’alimentant de façon vegane. Si l’on n’ignore pas les désavantages possibles, déjà aujourd’hui beaucoup de nutritionnistes disent qu’une alimentation vegane apporte beaucoup de bénéfices pour la santé humaine 2.
Le Prof. T. Colin Campbell3 de l’Université de Cornell a décrit le résultat de son étude portant sur l’alimentation4, et qui a duré de longues années, de la façon suivante: «Nous avons constaté que les gens qui se nourrissent exclusivement de végétaux restent en meilleure santé. Même avec seulement un taux de 10 à 20% de protéines animales dans l’ alimentation, cela peut déjà signifier un problème.» A la question de savoir s’il entendait par «protéines animales» la viande et les produits laitiers, il a répondu: «Oui, absolument». Il est en effet réel que plus la consommation de produits laitiers est élevée, plus le risque de développer une ostéoporose l’est également, et pas à l’inverse. En outre, le cancer de la prostate est fortement lié à la consommation de lait. Même de lait demi-gras».
Le problème le plus important est qu’il y ait un apport suffisant en vitamine B12. Plusieurs cas relevés dans la littérature scientifique prouvent qu’une carence manifeste en B12 peut entraîner des suites physiques considérables (et cela ne vaut pas seulement pour les personnes veganes).5 Pour profiter de façon optimale d’une alimentation vegane, il faut néanmoins s’intéresser de près aux éventuels inconvénients.

L’argousier contient-il de la vitamine B12?


Sanddornstrauch

Il est à nouveau question que des plantes contiendraient de la B12. L’une des raisons en est que la preuve que des petites quantités de véritable B12 est délicate à établir. Avant tout, dans le passé, sur la base d’anciennes analyses, des informations erronées ont été régulièrement publiées. En outre, l’emplacement et la propreté de la plante ont toujours joué un rôle important lors de ces analyses. Ainsi, il est tout à fait possible qu’une algue provenant de lacs naturels contiennent de la B12 (ce serait alors par la contamination de bactéries naturelles présentes dans ces lacs). Par contre, la même algue provenant d’un bassin de culture strictement propre ne présente aucune trace de B12. (7)
L’argousier pourrait cependant être l’exception dans les plantes. Jusqu’à présent, avant tout connu pour sa haute teneur en vitamine C dans ses fruits, il existe une indication concrète que l’écorce/pelure de cette plante du pays aurait une haute teneur en B12. L’explication en est que l’enveloppe de la graine de l’argousier est en symbiose avec des bactéries spéciales.
Avec une concentration allant de 60 [ug] par 100g, la teneur en B12 dans certaines plantes d’argousier serait même très élevée. La preuve de la teneur en B12 est apportée par un test, appelé Test-ELISA, estimé tout à fait sûr. En effet, plusieurs voix se sont élevées pour taxer les résultats de ce test comme exacts. L’emploi de l’argousier pour un apport en B12 fait déjà dans beaucoup de pays l’objet d’un brevet (en Allemagne Patent No.DE 44 46092 C1). Néanmoins, pour en avoir une certitude irréfutable, une étude préalable sur les humains est nécessaire.
Pour plus d’information:
www.pandalis.de.deutsch/pflanzen/sanddorn.html.
www.sanddorn-laden.de.



Cette vitamine, qu’est-elle en fait?
La vitamine B12 (cobalamine) n’a été découverte et identifiée qu’en 1948. Il s’agit d’une grande molécule complexe dont on a besoin pour le développement de toutes les cellules du corps. Ce sont surtout les cellules nerveuses qui peuvent être affectées par une carence. La vitamine B12 est synthétisée à partir de bactéries. Il n’existe aucun procédé par lequel l’industrie pharmaceutique peut synthétiser la vitamine B12. C’est pour cette raison que chaque B12 vient de ces micro-organismes. On la trouve dans la viande, le lait et les œufs, parce qu’elle est synthétisée par les micro-organismes dans le système animal ou est absorbée par la nourriture.
En général les plantes ne contiennent pas de B12 . Dans un sol sain, qui n’est pas trop pollué par des produits chimiques, on trouve beaucoup de bactéries produisant de la B12 . Cette B12 peut rester sur les plantes quand on les récolte. C’est la raison pour laquelle on dit souvent des plantes ayant une surface rugueuse, comme l’argousier (‘sanddorn’) qu’elles contiennent cette vitamine. A vrai dire, cela n’a aucune importance pour le corps si la vitamine se trouve à l’intérieur d’une plante ou à sa surface. Cependant, comme on ne mange presque plus de plantes cueillies dans la nature sans qu’on les lave, pèle ou nettoie d’une façon ou d’une autre, la précieuse vitamine se trouvant en surface se perd avant qu’elle n’arrive dans les assiettes. (sans parler de la moindre valeur pour les sols qui ne sont pas cultivés biologiquement). Bien que les humains ont autrefois été pourvu en suffisance de B12, grâce à une nourriture végétale composée de produits végétaux à l’état naturel et peu lavés, on ne peut plus le dire des gens vivant à l’époque actuelle. 6 Légumes, plantes et fruits provenant des supermarchés sont offerts à la vente de manière à éliminer le plus possible tous les germes pathogènes éventuels. Si on ne s’alimente pas principalement de plantes cultivées naturellement et d’autres produits végétaux non-lavés, la quote-part de la B12 fournie par les aliments des supermarchés est á négliger. Seuls les produits spécialement enrichis en B12 font exception au supermarché.


Une carence en B12 également chez les carnivores!
Le fait qu’on trouve aujourd’hui dans les supermarchés des comprimés de vitamine B12 n’est pas dû aux végétariens susceptibles d’avoir des problèmes, mais des carnivores qui souffrent de plus en plus d’une carence en B12. Aux Etats-Unis on recommande à partir d’un certain âge à tous les adultes de prendre des comprimés de vitamine B12 ou des produits enrichis en B12. Comment peut-on expliquer ce fait?
Un taux élevé de vitamine B12 dans la nourriture est un facteur pour l’apport en B12. Si on souffre d’une maladie de digestion (p.ex. la gastrite), l’absorption de B12 peut être dérangée. Un autre facteur est que cette vitamine nécessite le soi-disant facteur intrinsèque pour pouvoir être absorbée par le corps. C’est une substance qui entraîne la vitamine de l’estomac vers l’intestin pour qu’elle puisse y être absorbée par le corps. Si ce facteur intrinsèque manque, on ne peut pas absorber la vitamine B12, sauf si on consomme des doses très élevées de cette vitamine. Ces doses élevées sont inatteignables par une alimentation normale. Il faut alors absorber la vitamine B12 par des comprimés à dose élevée ou par une injection (pour les crises aiguës). Heureusement, on sait aujourd’hui qu’un excès de la vitamine soluble dans l’eau n’est pas un problème, car le corps la sépare sans inconvénient. Etant donné que le corps humain peut stocker la vitamine B12 pour une période assez longue, on peut satisfaire à ses besoins en prenant de hautes doses hors série. Lorsqu’on consomme moins de 5 micro-grammes de B12, le corps peut en absorber env. 60% (à condition d’avoir assez de facteur intrinsèque) Mais lorsqu’on consomme 500 micro-grammes ou plus, le facteur intrinsèque joue un rôle moindre car le corps absorbe seulement 1%. Le taux quotidien recommandé en B12 est de 1 à 3 micro-grammes.


Questions ouvertes
Malheureusement, il reste encore beaucoup de questions à ce sujet qui ne sont pas encore réglées. Il y a par ex. des personnes veganes qui, depuis des décennies, sont tout à fait saines, sans prendre de supplément de vitamine B12. Par contre, il y a beaucoup de végétariens, et même des carnivores, qui accusent une carence importante, voire dangereuse. Il semble que des facteurs divers en soient responsable. Le stress élevé et continu pourrait augmenter les besoins en B12 (la B12 est très importante pour la formation des cellules nerveuses) et un traitement antibiotique pourrait déranger la digestion à un point tel que l’absorption de la vitamine B12 ne peut plus se faire. Pour les consommateurs d’aliments d’origine animale, il faut ajouter des résidus d’antibiotiques dans leur alimentation. Comme cela peut durer des années jusqu’à ce qu’un stock de B12 soit épuisé, on ne remarque ces changements que bien plus tard. Une perte de sang élevée (accident ou menstruation) peut également jouer un rôle. Depuis sa découverte il y a 50 ans, on a beaucoup appris. Mais il reste encore beaucoup d’inconnues à propos de cette vitamine. C’est pour cette raison que beaucoup de nutritionnistes recommandent aux vegans de veiller à un apport suffisant en B12.
Comme mentionné plus avant, cela n’a rien à voir avec le fait que l’alimentation vegane serait peu naturelle, mais plutôt que l’alimentation d’aujourd’hui s’est beaucoup éloignée de la nature. Cela est confirmé par le fait que les crudivores vegans dont une partie de la nourriture se compose de plantes à l’état naturel (la soi-disant nourriture originelle), cueillies chaque jour, ne souffrent presque jamais d’une carence en B12 (pour autant qu’il n’y ait pas de maladie d’origine digestive). Il n’en va pas de même en cas de forte consommation de viande: Les substances nocives pour la santé qui sont d’origine animale (hormones animales, graisses saturées, impuretés, toxines cumulées etc.) ne s’éliminent pas facilement du corps. En outre, il existe encore beaucoup de substances profitables et inconnues dans les plantes, qu’ils ne mangent pas en suffisance, en concentrant la consommation sur les produits d’origine animale sans ou presque sans fibres mais pleins de cholesterine. En raison de la faible consommation en légumes, on recommande souvent d’enrichir la nourriture en acide folique (qui est aussi une vitamine) pour compenser cette carence. Mais surtout les vegans ayant une alimentation variée absorbent assez d’acide folique. Ce problème d’acide folique n’est pas dû à une hygiène renforcée, effectuée pour les aliments d’aujourd’hui, mais à une carence de principe dans l’alimentation basée sur la viande.

Renato Pichler
Traduit par Barbara Kremer

Notes:
1 Vous trouvez le texte complet de cette prise de position dans la version originale et la traduction allemande sous:
www.vegetarismus.ch/heft/2003-3/ADAdeutsch.htm. Voir aussi notre Vegi-Info en français (No.23/2003-3) et encore la fiche (feuille d’information) de l’Alliance végétarienne française No.8/V1/2004 (photocopie sur demande à l’ASV).
2 Convergence of plant-rich and plant-only diets. American Journal of Clinical Nutrition, Vol. 70, No. 3, 620S-622S, September 1999. www.ajcn.org/cgi/content/full/70/3/620S
3 A voir: www.human.cornell.edu/faculty/facultybio.cfm?netid= tcc1&facs=1
4 Les vastes connaissances que le professeur Campbell a publiées dans env. 300 publications scientifiques se trouvent maintenant dans le livre (seulement disponible en anglais pour le moment): The China Study, Benbella-Verlag, ISBN 1-932100-38-5
5 Maternal vegan diet causing a serious infantile neurological dis-order due to vitamin B12 defi-cien-cy. Eur J Pediatr. 1991 Jan;150(3): 205-8. www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db= PubMed&list_uids=2044594& dopt=Citation
6 P.ex. on ne pouvait pas constater des carences en vitamine B12 pour des croyants en Irak, vivant strictement d’une façon vegane. Cela vaut également pour l’Inde. Si ces gens déménagent vers un pays industrialisé possédant un standard élevé d’hygiène, cela entraîne souvent une carence en B12 (C. Leitz-mann: Vegetarische Ernährung, Ulmer-Verlag, Seite 175)
7 Détection de la vitamine B12 dans les algues: Vitamin B-12 status of long-term adherents of a strict uncooked vegan diet («living food diet») is compromised. J Nutr. 1995 Oct; 125(10):2511-5.

 

Homocystéine


Depuis peu, on a reconnu l’importance du taux d’homocystéine sanguin. Aujourd’hui on sait qu’un taux trop élevé d’homocystéine accélère le vieillissement des vaisseaux et accroît le risque de maladies cardio-vasculaires. Une nouvelle étude a mis en évidence un lien entre un taux trop élevé d’homocystéine et l’ostéoperose.
L’acide aminé homocystéine est un produit intermédiaire du métabolisme et devrait être normalement dégradé tout de suite. Mais cela fonctionne seulement aussi longtemps qu’il y ait assez d’acide folique, de vitamine B6 et de vitamine B12. Au cas l’un de ces éléments viendrait à manquer, ce produit intermédiaire resterait alors dans le corps et y déploierait ses effets négatifs. C’est pour cette raison qu’une carence en vitamine B12 est presque toujours liée à un taux très élevé d’homocystéine. Bien que vegans n’aient pratiquement aucun de facteurs de risque de maladies cardio-vasculaires (résultant d’un excès de cholésterine, d’obésité, et d’alimentation grasse) un taux élevé d’homocystéíne entraîne de telles maladies, qui sont responsables pour des principales causes de décès dans les pays industrialisés. La recherche portant sur l’homocystéine est encore un domaine jeune dans la nutrition. Cependant, on est d’accord sur ces rapports. On part du fait qu’un carnivore sur deux âgé de plus de 50 ans montre un taux élevé d’homocystéine. D’une part cela est dû à une carence en B12, d’une part, et d’autre part au fait que les aliments d’origine animale ont seulement un taux très faible d’acide folique. Comme une alimentation saine et vegane contient beaucoup plus de légumes, le problème se limite à la vitamine B12.
Plus ample information: voir internet
www.dach-liga-homocystein.org
www.aerztezeitung.de/docs/2004/08/30/153a1101.asp

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière actualisation de cette page indiquée: 17.12.2009

[en haut


   
© Swissveg (ehemals: Schweizerische Vereinigung für Vegetarismus (SVV)) | www.swissveg.ch | Impressum