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Pas assez d’eau pour la production de viande ?

Les guerres du futur n’auront plus pour objectif le pétrole mais l’eau. Par utilisation d’eau on pense d’abord à l’eau potable. En fait, un ménage moyen n’utilise pour sa boisson que de 2 à 5 litres d’eau potable par jour alors qu’il en emploie entre 100 et 500 litres à d’autres fins (douche, lessive, etc.). En outre, de 2000 à 5000 litres d’eau sont nécessaires pour la satisfaction des besoins alimentaires d’une famille moyenne. Quel rôle la consommation de viande y joue-t-elle?

Aliments besoin en eau
en m3/kg
Viande de bœuf
(production de fourrage comprise)
> 15
Moutons 10
Volailles 6
Céréales 0,4–3
Huile de palme 2
Fruits/agrumes (citrons, etc.) 1

Dans la lutte contre la faim dans le monde, il n’est souvent question que des besoins alimentaires, alors que l’aspect relatif à l’eau, indispensable pour la production de ces aliments, est négligé. Une conférence sur l’eau s’est récemment tenue à Stockholm[1], dont l’objectif était consacré exclusivement à l’utilisation de l’eau par les humains. Des résultats intéressants mais aussi inquiétants y ont été révélés:

Si une famille absorbe quotidiennement entre 2000 et 5000 litres pour sa nourriture, cette quantité dépend largement de son type d’alimentation. En moyenne, par an et par personne, c’est environ 1200m3 qui sont consacrés aux besoins alimentaires. Dans les régions du monde les plus pauvres qui peinent à produire de la viande, cette valeur est estimée à 600m3. A l’opposé, dans les régions qui consomment le plus de viande (Etats-Unis, Europe), ce chiffre passe à 1800m3. Une comparaison directe met encore plus clairement en relief l’influence de la consommation de viande.
Avec une alimentation suffisante, composée de 80% d’aliments végétaux et 20% de produits animaux (dans les pays industrialisés, la quantité de produits animaux s’élève aujourd’hui à 30-35%)[2], la quantité d’eau utilisée est actuellement, annuellement, de 1300m3, alors qu’avec une alimentation végétarienne ce chiffre se réduit de près de moitié.[1,3]

copyright: WHO/P. Virot
L`eau courante est sans aucun doute un problème mondial pour l`avenir. La distance aux puits les plus proches s`allonge constamment.


Qu’en est-il pour la Suisse?

En raison de sa situation géographique, au milieu des Alpes, une pénurie d’eau éventuelle ne semble pas constituer une grande menace. Ce serait cependant une erreur d’ignorer ce problème. En effet, en important des aliments, y compris du fourrage pour les animaux, c’est aussi de l’eau virtuelle qui est importée, du fait que la production de ces aliments implique une utilisation d’eau dont la Suisse fait alors l’économie. Malheureusement, la pénurie d’eau frappe en premier lieu les populations les plus pauvres. En raison des besoins énormes d’eau dans le secteur agricole, le pompage est de plus en plus nécessaire et absorbe toujours davanta

ge les réserves des nappes phréatiques. Les paysans les plus pauvres ne peuvent accomplir leurs tâches que par pompage manuel ou autres moyens relativement peu efficaces. Lorsque le niveau des nappes phréatiques est sérieusement abaissé, ce sont en premier lieu dans les nombreux petits puits où un pompage en profondeur ne peut être pratiqué que le problème se manifeste avec le plus d’acuité. En Inde, dans beaucoup de régions, l’eau doit être pompée à une profondeur de plus de mille mètres. Il y a encore une génération, les paysans creusaient à la main pour atteindre des sources destinées à l’irrigation. Aujourd’hui, 95% des petites installations de pompage sont à sec.[4] Il en va de même dans d’autres pays asiatiques. Il est remarquable que, malgré ces chiffres impressionnants qui mettent clairement en évidence la production de viande comme le plus grand utilisateur d’eau, l’alimentation végétarienne n’a pas été traitée

dans les études sur le sujet de l’eau. Cela fait supposer qu’il n’est pas venu à l’esprit des scientifiques qu’il existait une alternative à cette situation! Une fois de plus, il faut conclure que, quand il s’agit de la consommation de viande, une neutralité scientifique n’est nullement garantie et que les résultats des études menées dépendent si les scientifiques impliqués sont des mangeurs de viande ou des végétariens.

Renato Pichler

Références :

  1. Stockholm International Water Institute (SIWI): Water – More Nutrition per Drop; Towards Sustainable Food Production and Consumption Patterns in a Rapidly Changing World. 2004
  2. Rockström, J.: Water for food and nature in drought-prone tropics: vapour shift in rain-fed agriculture.
    Philosophical Transactions: Biological Sciences, 29 December 2003, vol. 358, iss. 1440, pp. 1997-2009(13) Royal Society
  3. Rockström, J., Gordon, L., Folke, C., Falkenmark, M., and Engwall, M.: Linkages among water vapor flows, food production, and terrestrial ecosystem services. 1999, Conservation Ecology 3(2):5.
  4. Spiegel online: Grundwasserspiegel sinken dramatisch, 26.8.2004