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Nourrir ses enfants végétariens
Lorsqu’on parle de l’alimentation des enfants,
j’aimerais d’abord vous indiquer que personne ne doit
craindre quoi que se soit en nourrissant son enfant
végétarien ou végétalien. Comme je
l’avais expliqué lors de ma présentation à
la rencontre végétarienne le 24 janvier à
Lausanne, le végétalisme n’est pas
une «diète», ni un «régime», ni
un «mode d’alimentation par amitié pour les
animaux»: c’est la nourriture par nature de
l’être humain.
A l’opposé, se nourrir de viande est nocif, malsain et
dangereux car en désaccord total avec notre essence humaine.
Mais c’est connu : lorsqu’une faute a été
faite assez longtemps, on la croit juste, et cela malgré les
résultats (hôpitaux, cliniques psychiatriques et prisons
pleines).
Tout le monde sait par exemple ce que mangent les animaux, mais ce
qu’est la nourriture de l’homo sapiens, personne ne le
sait plus ! Voilà pourquoi il est impératif de
recourir à notre savoir intérieur, notre
véritable guide. Un travail
d’évacuation des faux programmes est donc
primordial, surtout lorsqu’on devient parent (lors de
mon exposé, j’ai tenté d’éclaircir
un peu cette dimension). Le temps de la grossesse, et même
avant, est d’une grande importance et il vaudrait mieux suivre
un séminaire de développement personnel avant
qu’après la grossesse. Les accouchements
n’ont d’ailleurs pas leur place dans un hôpital,
car ce n’est pas une maladie (c’est à
l’hôpital que beaucoup des engrammes négatifs
s’implantent dans le subconscient, en plus de bien
d’autres dommages). [à lire: Frédéric
Leboyer «Pour une naissance sans violence»]
Le lait maternel est indéniablement la meilleure
nourriture pour le bébé. C’est un
aliment parfait, car il contient tout ce dont l’enfant a besoin
pour son grandissement, le développement de son cerveau, et
pour le protéger des allergies et des infections ; très
important aussi pour la digestion buccale, ce qui est impossible avec
le biberon. Le principe de base est de laisser le
bébé décider de tout : rythme, durée,
quantité.
Un des facteurs décisifs d’un bon développement
de l’enfant, c’est
l’écoute. Où que vous soyez, ne
laissez jamais pleurer un bébé, car il ne peut tout
simplement pas attendre. La notion de patience ne vient que beaucoup
plus tard, il l’apprendra graduellement. Son besoin principal,
à côté de la nourriture, est
l’amour, manifesté entre autres par la
tendresse, le toucher. La peau étant le plus grand
organe du corps, elle doit aussi être nourrie ! Caresses et
massages sont très importants, et non pas avec des
crèmes chimiques, mais en utilisant des huiles de
sésame ou d’amande.
On ne saurait trop insister sur les avantages émotionnels et
psychologiques de l’allaitement. Lorsque j’ai
déménagé de Santa-Barbara (Californie) à
Hope-Bay (Jamaïque), mon fils de deux ans commençait
à faire connaissance avec d’autres enfants, mais comme
il ne se sentait pas encore sûr, il accourait à mon sein
pour retrouver le sentiment de sécurité et de
réconfort.
Il n’est pas nécessaire de donner au bébé
nourri au sein, de l’eau, des vitamines ou quoi que ce soit en
supplément. Si une maman a une alimentation saine, elle peut
nourrir son bébé de son lait aussi longtemps que
possible, jusqu’à ce que, naturellement, l’enfant
se détourne peu à peu du sein pour explorer
d’autres moyens de se nourrir ; cette durée peut
atteindre un an ou plus. Ensuite, elle peut commencer à lui
donner de l’orge en biberon. [Préparation : 150 g
à rincer puis laisser tremper la nuit dans 1,5-2 litres
d’eau ; le matin, cuire le tout pendant 1h30, puis
égoutter et mélanger le liquide devenu épais
avec du lait de soja, d’amande ou de sésame ; pour la
douceur, ajouter quelques gouttes de sirop d’érable (ou
ajouter 2 figues ou dattes pendant la cuisson) et verser le
mélange dans le biberon] C’est l’aliment dont
la composition s’apparente le plus au lait maternel (un parfait
substitut au cas où une femme ne peut pas allaiter). La maman
peut ensuite manger les grains - très bénéfiques
pour sa production de lait - pendant que l’enfant, lui, boit le
jus. Plus l’enfant grandit, plus on augmente la
viscosité du liquide. J’ai toujours introduit un fruit
ou un légume à la fois, de saison, en le râpant
très finement. Pour les légumes, il est important de
les cuire doucement, au mieux dans une marmite à vapeur (afin
de préserver toutes les substances nutritives essentielles),
puis en faire une purée (également possible avec des
légumes crus). Très nourrissants aussi sont les laits,
les mousses et les purées de graines germées : de
véritables bombes énergétiques.
L’enfant devrait pouvoir découvrir sa
nourriture. Il m’arrivait souvent
d’étaler un grand plastique parterre avec
l’assiette dessus et ainsi, mes enfants avaient toutes les
possibilités et le temps qu’il leur fallait. Leur
imposer dès le début les « bonnes manières
» à table n’induira que le contraire. Mon fils a
souvent été invité par la famille
(végétarienne) d’un copain du jardin
d’enfant dont la mère m’avoua que son fils
apprenait à manger avec le mien. Elle me demanda aussi comment
j’avais fait pour qu’il mange si bien, surtout les
salades et les légumes. Je lui répondis qu’une
des grandes différences était certainement que mes
enfants conçoivent l’alimentation comme un
privilège, et non comme une obligation. Ils
n’étaient pas forcés de manger, et j’ai
essayé de toujours respecter leur propre intuition.
Notre rôle de parents est d’être
observateurs, et non instructeurs.
L’état d’esprit envers la nourriture devrait
être la gratitude. Il vaut mieux être un exemple
que de dire à l’enfant ce qu’il faut faire ou ne
pas faire. A table, nous jouions souvent à fermer les yeux et,
en mâchant lentement, imaginions les champs avant que la
nourriture ne soit récoltée. Mes enfants n’ont
jamais été tentés de manger de la viande.
Lorsqu’ils partaient en excursion, ils disposaient leurs
saucisses végétariennes sur le grill et, la plupart du
temps, les autres enfants voulaient en goûter et les trouvaient
meilleures que les leurs. Heureusement que j’ajoutais toujours
assez de noix, de fruits et de pain complet dans leurs sacs à
dos ! Pour grignoter, il est bien mieux de donner aux enfants des
carottes, des fruits frais (en hiver des fruits secs), des
oléagineux, du pain complet év. tartiné de tofu,
etc. Le sucre blanc crée de l’acidité et
son énergie artificielle abouti à de
l’hyperactivité. La maladie étant une
réponse à un déséquilibre, il faut
tâcher de nettoyer le corps et non le charger encore plus de
toxines (y.c. médicaments). Lorsque l’enfant veut
jeûner par son instinct naturel, il faut soutenir cela, sans
l’emballer de vos craintes.
Ces quelques informations sont issues de l’expérience
que j’ai eu, tout d’abord en tant que
végétarienne de naissance (mes parents me
forçaient à manger de la viande mais ont dû y
renoncer après les violentes crises que cela me causait), puis
en tant que thérapeute holistique ayant vécu dans
plusieurs pays différents (Indonésie, Inde,
Népal, Australie, Jamaïque, Etats-Unis, …), et
enfin en tant que mère de trois enfants (nés sans aide
médicale et sans vaccins). Par une prise de conscience encore
plus claire, nous sommes devenus végétaliens. Pendant
toutes leurs années scolaires, leurs professeurs me
contactaient pour me faire part de leur étonnement face
à la différence entre eux et d’autres
élèves, leur sérénité,
santé et endurance épatantes, leur respect envers
d’autres et envers même les insectes. Ils m’ont
ensuite invitée à donner des conférences sur la
nourriture et l’éducation des enfants, et à
travailler directement avec eux.
Je vous souhaite bon courage dans ce chemin de confiance en
vous-même et en vos enfants.
Ananda Tyrell
Prestations : consultations individuelles; séminaire
«Préparation à la grossesse»,
«Développer sa propre intuition»; cours de Yoga et
de Rebounding; massage pour femmes enceintes, bébés et
couples.
Contact: 021/ 634 60 81
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