Un jour de paix ordinaire
Des oiseaux empalés rôtissent dans les vitrines. Des corps démembrés
garnissent les étals. Sur les ponts des bateaux, des poissons étouffent
par asphyxie, des moutons et des vaches sont transportés pour être
livrés à l’abattage rituel à des milliers de kilomètres
du port d’embarquement. Dans des hangars fétides, de mornes vies
s’écoulent. On coupe à vif des becs, des dents, des testicules.
On enfonce des embucs jusqu’au fond des gosiers. Partout roulent des
camions bourrés de condamnés: ceux qu’on va égorger,
saigner et dépecer. En ce jour ordinaire, ceux qui ont peur et mal se
comptent par millions. Pour eux, dans un pays en paix, la torture et le meurtre
sont le lot quotidien. On nous apprend à fermer les yeux et le cœur.
A mépriser les victimes et à devenir bourreaux. Lorsque la barbarie
est la norme sociale, il est difficile de dire non. Voilà décrit
avec réalisme par nos amis antispécistes français ‘un
jour ordinaire dans un pays en temps de paix’.
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