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Viande et pénurie d’eau, est-ce dans un désert que nous le crierons bientôt?

Cela fait des décennies que les mouvements végétariens soucieux de l’environnement dénoncent les conséquences désastreuses sur les réserves d’eau potable de la production de viande et de poisson. Autant d’années où l’on s’est heurté à un mur d’indifférence de la part des pouvoirs publics, des institutions internationales et de la population, alors que notre argumentation s’est toujours basée sur des faits et des prévisions scientifiques simples et compréhensibles par tout un chacun.
C’est en effet une réalité connue depuis longtemps que les produits animaux sont les « aliments » qui non seulement utilisent le plus d’eau potable pour leur fabrication mais contribuent également gravement à la pollution des nappes phréatiques et des lacs. Résumons. Alors qu’environ 100 litres d’eau seulement sont nécessaires pour produire un 1 kg de céréales, il en faut de 2’000 à 15’000 pour obtenir 1 kg de viande (un bovin consomme environ 100 litres d’eau par jour). Ajoutons à cela que pour produire 1 kg de viande il faut en moyenne 10 kg de céréales, et l’on a vite fait de réaliser que l’élevage des animaux dits de rente constitue un véritable gouffre à eau potable. On estime que la moitié de la consommation d’eau douce due à l’activité humaine est destinée à la production de viande et de produits laitiers, un gaspillage que d’un point de vue écologique nous ne pouvons plus nous permettre ! Quant à la pollution des réserves d’eau due à la production de viande, elle provient principalement des déjections d’animaux provenant d’élevages intensifs qui sont soit évacuées directement dans les lacs et les nappes phréatiques ou qui, déversées en masse comme fertilisants sur les champs, contaminent les sources d’eau. Un bovin produit 23 tonnes de déjections par an, 10 porcs en produisent 21 tonnes. Les excréments d’animaux engendrent d’énormes quantités d’ammoniac responsables de la sur-fertilisation des lacs qui causent à leur tour une invasion d’algues étouffant la vie aquatique. Les déjections peuvent contenir des bactéries fécales toxiques qui contaminent l’eau potable causant des maladies graves. Des études ont montré que la moitié de la pollution des réserves d’eau en Europe est due aux élevages massifs d’animaux dits de rente (y compris les élevages de poissons). Pouvons-nous persister à laisser les réserves d’eau risquer d’être contaminées alors que la pénurie d’eau potable menace à l’échelle mondiale?
Des scientifiques soulignent depuis plusieurs années que sur le front de l’eau la situation est grave et les prévisions sont sombres, sous l’influence conjuguée de la démographie galopante et des problèmes écologiques croissants.
« La pression sur l’eau est extrêmement forte ; sa consommation devrait augmenter de 40% d’ici 2020. D’ores et déjà, 70% des ressources en eau douce sont dégradées ou polluées. Et en 2025, les deux tiers de la population mondiale vivront en situation de stress hydrique1 ». Dans de nombreuses régions du monde la pénurie d’eau est une source majeure de conflits et de guerres.
La période de canicule que nous venons péniblement de traverser en Europe devrait nous faire réaliser que l’alimentation mondiale, actuellement basée sur la viande et les produits animaux, met en danger l’approvisionnement en eau potable nécessaire à notre survie, y compris dans nos pays où nous nous sommes longtemps crus à l’abri. On peut nous rétorquer, comme d’habitude, que le végétarisme ne résout pas tous les problèmes écologiques. Mais concernant la question de l’eau, le seul élément vital pour lequel il n’existe aucun substitut, il constitue la principale solution, qui a de surcroît l’avantage d’être très simple à appliquer. Le choix alimentaire n’est pas - n’est plus - seulement une affaire de conviction ou de philosophie personnelle. Il est nécessaire que la population dans son ensemble modifie radicalement son mode d’alimentation et opte pour le végétarisme, par ailleurs bénéfique pour la santé, si l’on veut éviter que la terre se transforme en un vaste désert, où il sera trop tard pour y crier un dernier avertissement.

Christina Maier

1 La Revue Durable, mars-avril 2003 dossier « Situation des conflits autour des ressources naturelles dans le monde »