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Le concept d’Ahimsa ou Non-Violence
L’Ahimsa telle qu’elle est répandue par la
culture indienne depuis des milliers d’années, et plus
récemment par le Mahatma Gandhi, est l’Ahimsa des
braves, pas des faibles. Plus une personne ou une nation sont fortes
et puissantes, plus grande est leur obligation de faire preuve de
compassion envers les autres êtres vivants. Toutefois, il ne
suffit pas simplement de montrer de la compassion, il faut aussi
qu’elle soit active, ceci signifiant que chacun de nous se doit
d’agir pour arrêter la violence (Himsa) envers tout
être vivant qui est à notre merci.
Dans le Jaïnisme, l’Ahimsa active est appelée
‘Abhay Daan’, le fait d’accorder une protection, de
protéger de la mort. C’est en cela que l’Ahimsa
est celle des braves; mais ce n’est pas complet non plus.
Même lors d’une piqûre par un moustique, il ne faut
pas lui faire du mal car c’est dans sa nature de piquer.
Lorsque le seigneur Mahaveera, 24ème Maître enseignant
de la religion jaïn, a été mordu par un cobra, il
lui a demandé de contenir sa colère et de se souvenir
que lors de sa dernière incarnation il était un
être humain.
Ceci nous amène à la croyance la plus ancienne de
l’Hindouisme et de toutes les autres religions indiennes, celle
de la réincarnation et du karma. Les cycles de la naissance et
de la mort se sont succédés depuis toujours et nous
avons tous été incarnés dans des corps
différents. Chaque être vivant possède une
âme et ressent la douleur, et il ne veut pas être
blessé. La forme humaine de naissance est précieuse
car, selon les écritures, il y a 8’400 espèces de
vie, et si la forme de vie humaine est gaspillée en infligeant
des douleurs à d’autres, celles-ci se retourneront de la
même manière contre leur auteur au cours d’une
incarnation suivante. Ainsi ceux qui pratiquent la chasse
aujourd’hui seront les chassés de demain dans une autre
forme de vie.
Ici se situe le plus grand paradoxe de l’Ahimsa ou non-violence
– elle est en faveur de notre propre bonheur et de notre
sécurité. Nous n’accorderons pas de faveur
spéciale à personne en pratiquant l’Ahimsa, car
elle est pour notre propre bien. A chaque action accomplie correspond
une réaction: c’est la loi du karma. Toute souffrance
infligée aux autres devra être payée tôt ou
tard.
A notre naissance actuelle nous avons aussi apporté les karmas
de la précédente, et c’est la raison pour
laquelle certains d’entre nous sont inconsolables devant une
violence gratuite alors que pour d’autres elle est sans
conséquence. Lorsque l’Ahimsa est scrupuleusement
pratiquée par une personne, celle-ci accède à
une forme de sainteté ou personnalité divine, difficile
à décrire mais présente.
Alors que l’Ahimsa est importante pour une personne en tant
qu’individu, elle est également signifiante pour les
civilisations. Il est établi qu’au nombre des
civilisations mondiales répertoriées, la plupart ont
disparu non pas par suite d’une action ennemie mais en raison
d’un déclin spirituel. Tout au long de l’histoire,
des civilisations sont nées et on lutté pour subsister
pendant un certain temps puis ont disparu sans laisser de traces. La
civilisation aryenne ou indienne est la plus ancienne de toutes les
civilisations en vie et a survécu. Se pourrait-il que ce soit
à cause de sa pratique de l’Ahimsa envers les plus
faibles? Et si c’était le cas, quelles sont les chances
de notre civilisation actuelle qui a déchaîné la
plus effrayante des violences à l’encontre du
règne animal ? Qu’on l’appelle Nature ou Dieu,
ceux et celles qui protègent les autres sont à leur
tour protégés par une puissance supérieure.
La principale raison, si ce n’est la seule, de notre violence
envers les animaux est notre besoin et notre désir de manger.
Une personne mange en moyenne 30 tonnes de nourriture au cours de sa
vie. Les saints et les sages de l’Inde ont toujours mis
l’accent sur l’importance de contrôler ce que nous
mangions. La Bhagavad Gita décrit trois types de nourriture.
Celle de l’ignorance, celle de la passion et celle de la
bonté. Manger est une nécessité, et cela peut
être un grand plaisir aussi, mais jamais aux dépens
d’autres êtres vivants. Les Jaïns évitent
même de manger des racines comestibles afin de ne pas porter
préjudice aux insectes et bactéries. Le seigneur
Bouddha et le seigneur Mahaveera ont jeûné durant de
longues périodes, mais cela n’est pas possible pour nous
simples mortels; c’est pourquoi le critère qui nous est
fixé est celui de vivre avec le moins de violence possible.
Même le fait de manger des fruits et des légumes
implique une violence, mais elle est la moindre. Une contribution
relativement récente au concept de violence est le lait,
c’est pourquoi de plus en plus de végétariens
deviennent végétaliens (‘vegan’).
Au vu dont le monde avance aujourd’hui et la somme de violence infligée aux animaux par les humains, l’espèce humaine va tout droit vers sa propre destruction. Le seul espoir, et nous vivons tous d’espoir, est que ceux parmi nous qui luttons pour la cause animale continuent de le faire. Envers et contre tout, nous luttons pour un objectif qui est d’accorder aux animaux des droits fondamentaux.
Nitin Mehta, Fondateur de l’union indienne de la jeunesse végétarienne et jaïn.
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