Les conséquences écologiques choquantes de l’élevage des bovins
Chaque bovin qui est tué en abattoir laisse derrière lui une trace de dévastation : d’énormes surfaces de forêts tropicales sont transformées en pâturages pour son élevage, 600000 litres d’eau sont nécessaires pour la culture de son alimentation et il provoque l’émission de 200000 litres de gaz méthane/effet de serre (moyennes américaines).
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Les bovins occidentaux augmentent leur poids d’abattage au fil des années de 0,5 à 1 pour cent … Le rendement laitier augmente chaque année de 1,5 pour cent. ****** Ce qui est affouragé en Suisse aux animaux d’élevage, contient trois fois la quantité de protéines que la population suisse tout entière consomme. ******
Avec les 70 kg de viande par personne et les 7 litres
de combustible dépensés pour la production d’un kilo
de viande, l’industrie de la viande consomme la même
quantité d’énergie fossile que le transport
individuel.
****** 70 pour cent de la production totale d’antibiotiques sont administrés chaque année aux animaux d’élevage américains. ****** Sur les pâturages riches, un bovin exige une surface d’un hectare. Sur cette surface, on pourrait récolter chaque année 3.000 kg de blé. Cash 2 février
2001
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Si l’on comptait les frais écologiques d’une
pareille production, l’élevage sur le territoire des
forêts détruites serait un luxe absolu: un seul hamburger
de bœuf coûterait 200 dollars – d’après
Alan Thein Durning de l’institut Worldwatch. À cet
égard, on doit considérer qu’à chaque seconde
200 Américains achètent un hamburger (les chiffres pour
d’autres pays n’existent malheureusement pas).
En Europe, on élève 147 millions de bovins et dans le monde
entier 1,3 milliards – plus que trois fois le poids de
l’humanité tout entière. Dans les abattoirs modernes,
400 animaux sont abattus tous les jours – en général
la consommation de viande a globalement doublé depuis 1970.
«Les bovins jouent aujourd’hui un rôle crucial dans
la crise alimentaire mondiale», dit Jeremy Rifkin. Un tiers de
la récolte de céréales globale est affouragé au
bétail, surtout aux bovins, tandis qu’un milliard de gens
dans le monde sont affamés. En Suisse, c’est même la
moitié de la récolte totale de céréales qui sert
à nourrir les animaux. Cependant, d’autres aliments pour
animaux doivent être importés de l’étranger. Un
tiers des bovins allemands mangent le fourrage provenant de
l’Amérique du Sud, qui pèse lourd sur la production
d’aliments pour la population indigène.
La « production » du veau de chair cause des
dommages écologiques sans pareils: un quart de la masse totale
de la terre est affecté aux pâturages pour bovins et autres
ruminants et deux tiers des steppes ont été détruits
au cours des 60 dernières années par l’élevage.
Rien que pour la période de 1960 à 1985 on a détruit
plus de 25% des forêts de l’Amérique du Sud pour y
faire paître des troupeaux de bœufs.
Le méthane produit par les bovins – son effet est 20 fois
plus fort que celui du dioxyde de carbone - engendre un effet de
serre qui correspond environ aux polluants du transport automobile
global.
Pour chacun des 6,7 milliards de hamburgers, vendus chaque
année, en moyenne 6 mètres carrés de forêt vierge
sont transformés en pâturages et, si la viande vient
d’un bovin sud-américain, 75 kilogrammes de matière
vivante est détruite: 20 espèces végétales, 100
insectes et des douzaines d’espèces d’oiseaux,
reptiles et mammifères. Parce que la couche d’humus des
surfaces défrichées est très mince et pauvre en
substances nutritives, les troupeaux doivent partir après
quelques années seulement et la destruction de la nature
continue.
Il est choquant que la « fabrication » de 300 kg
viande nous coûte 2500 litres de combustible pour
défrichements, culture d’aliments pour animaux etc., 3,5
tonnes d’aliments pour animaux comme le soja et d’autres
céréales, 600000 litres d’eau pour la culture
d’aliments pour animaux et 14600 litres d’eau potable.
Les charges écologiques qui s’ensuivent
s’élèvent à 3 millions de litres de dioxyde de
carbone par la combustion du combustible, 200000 litres de gaz de
digestion d’animaux et 14,6 tonnes de fumier qui pollue les
eaux souterraines: un bovin d’engraissement en produit en
moyenne 20 kilogrammes par jour, ce qui conduit, pour des
élevages de 10000 animaux, à 200000 kilogrammes et
correspond aux déchets organiques d’une ville de 110000
habitants. Un champ de céréales d’un hectare en
revanche fournit cinq fois plus de protéines (quasiment sans
pollution).
Si l’on prend en considération tous ces faits, la maladie
de la vache folle (qu’en réalité on devrait appeler
« folie humaine ») n’est que la pointe de
l’iceberg des conséquences néfastes d’une
politique d’alimentation ratée.
Référence du présent article : un article dans « Der Spiegel » 6.2001, basé sur le livre « Das Imperium der Rinder » de Jeremy Rifkin (L’empire des bovins). D’autres faits très bouleversants sont révélés dans la 2e édition: « L’Empire des bovins. La folie de l’industrie de la viande ». L’écrivain Rifkin est fondateur et président de la Foundation on Economic Trends, une des plus importantes organisations écologiques et de consommateurs des Etats-Unis. Ses best-sellers, traduits en plusieurs langues, ont déclenché des débats passionnés.
Dernière actualisation de cette page indiquée: 9.12.2008[en haut]
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