Protéines en pilules et en poudre et autres idioties !
Par Ruth Heidrich, Ph. D
Une des questions les plus fréquentes que me posent des
athlètes est « comment puis-je obtenir davantage de
protéines ? » Dans leur esprit, ils pensent
que s’ils ingèrent plus de protéines, cela va
comme d’un coup de baguette magique faire gonfler leurs muscles
et les rendre plus forts. Les adeptes du culturisme
particulièrement cherchent à avoir des muscles
hypertrophiés (sans accomplir le travail nécessaire
à ce résultat !). Cette question revient
fréquemment de la part des athlètes
végétariens ou végétaliens parce
qu’ils pensent que sans viande, sans blanc d’œuf ou
lait écrémé, ils risquent de souffrir
d’une carence en protéines.
Les publicités dans les journaux et les magasins de
santé entretiennent cette peur afin de vendre des produits.
Les compléments de protéines sont disponibles sur le
marché sous de multiples formes, avec toujours le même
but : faire en sorte que vous en achetiez un maximum! Mais la
réalité est que si vous voulez faire augmenter le
volume de vos muscles, vous devez les faire travailler en augmentant
le poids que vous leur faites soulever. C’est la seule
manière de fortifier vos muscles.
En effet, notre corps est conçu pour fonctionner de
manière économe. Il se débarrasse ainsi de tout
ce dont il n’a pas besoin. Si de larges biceps vous sont
inutiles, le corps éliminera ce poids superflu.
L’exemple le plus illustratif de ce phénomène se
produit lorsque suite à une fracture, un bras ou une jambe
doit être plâtré. Lorsque le plâtre est
enlevé après six semaines, on est frappé de ce
que l’on découvre : les muscles ont fondu !
Mais ce résultat est-il permanent ? Non. Pour
reconstruire les muscles, on doit recommencer à les utiliser
et le corps répond en rebâtissant les muscles
jusqu’au point où cela est nécessaire. En
utilisant ses muscles lors des tâches quotidiennes, on parvient
ainsi rapidement à obtenir à nouveau un muscle de
taille normale. Si on en fait un usage extrême, le muscle
s’hypertrophiera.
Mais d’où provient la matière première du
muscle, les protéines, si on ne consomme pas de muscles
d’animaux (protéines animales) ? Facile !
Les protéines proviennent des plantes. La meilleure preuve est
que les animaux les plus grands et les plus puissants : les
éléphants, les rhinocéros, les girafes, les
chevaux sont végétaliens ! (Il se trouve que les
animaux végétaliens sont ceux qui vivent le plus
longtemps, autre leçon à retenir).
Les légumes et les céréales contiennent des
protéines complètes ce qui signifie qu’ils ont
tous les acides aminés nécessaires pour construire les
muscles ou les faire augmenter de volume.
Par exemple, l’acide aminé qui se trouve de
manière limitée dans les aliments d’origine
végétale est la méthionine. Cela signifie que si
vous voulez manger du riz uniquement, disons une part de 3000
calories par jour (énergie nécessaire pour un homme),
vous en ingérez 1.1 grammes, soit 10 fois plus que le minimum
nécessaire qui est de 0.1 grammes. Cela montre que le
problème principal est l’excès de protéine
ingérée si l’on consomme des produits animaux,
qui cause des maladies comme les affections des reins ou
l’ostéoporose, car le corps ne peut pas stocker les
protéines et subit des dommages lorsqu’il est soumis
à une consommation excessive.
C’est le secret pour obtenir un développement
musculaire. Plus vous soulèverez de poids, plus votre muscle
se fortifiera. A vous de choisir.
Ruth Heidrich possède un doctorat en économie de la santé avec une spécialisation en nutrition et en physiologie de l’exercice. Elle a survécu à un cancer du sein contracté alors qu’elle avait 47 ans. Depuis, elle a accompli six fois le Triathlon Ironman de Hawaii, a couru 67 marathons et obtenu plus de 700 trophées. Elle a reçu de nombreuses distinctions et a été nommée par le Magazine « Living Fit » comme une des dix femmes les plus sportives d’Amérique du Nord. Présidente de l’association végétarienne de Hawaii, Ruth Heidrich a écrit le livre « A race for life » et « The race for life cookbook ». Agée de 67 ans, elle participe toujours à de nombreuses compétitions sportives.
Vous pouvez contacter Ruth Heidrich (en anglais) :
Ruth E. Heidrich, Ph.D.
1415 Victoria St #1106,
Honolulu, HI 96822, Etats-Unis
www.ironlady.com / e-mail : ruthheidrich@juno.com
Cet article a été publié dans sa version
originale (anglais) dans le journal de l’IVU (International
Vegetarian Union) de juillet 2001.
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Dernière actualisation de cette page indiquée: 9.12.2008
