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Méthodes de substitution à l’expérimentation animale
Le député vaudois André Gasser visite ECVAM, le Centre Européen pour les méthodes alternatives


Pour certains végétariens, l’expérimentation animale représente un cas de conscience. Non pas en théorie, car la majorité des végétariens, dont la démarche possède un fondement éthique, rejettent le principe de la vivisection. En effet, comme le constate André Méry, dans son livre Les Végétariens, raisons & sentiments1 : « …un végétarien ne peut s’empêcher de penser qu’il est quelque part illogique de refuser les souffrances que l’alimentation carnée génère pour l’animal, et d’accepter celles produites pour la recherche médicale… ». Mais en pratique, nous savons tous que chaque médicament, et encore une bonne partie des produits cosmétiques, d’hygiène ou de nettoyage ont été testés sur les animaux avant leur mise sur le marché. On peut bien sûr boycotter les marques de produits de consommation connus pour avoir été testés sur animaux. Mais renoncer totalement et pour toute sa vie à tout médicament, pommade ou produit désinfectant est un engagement difficile.

Pour une science sans violence

Faut-il alors accepter que le soulagement de nos propres souffrances s’effectue au détriment des animaux ? Non bien sûr, car il existe des méthodes scientifiques, dites de substitution ou alternatives qui permettent de remplacer l’expérimentation animale. Depuis plusieurs décennies, des scientifiques développent ces méthodes, principalement appliquées dans les domaines de toxicologie et de tests d’innocuité des produits. Parmi les méthodes substitutives les plus utilisées, on trouve les cultures de cellules ou tissus (méthodes in-vitro) et les modèles mathématiques et informatiques qui simulent les réactions des organismes vivants. La recherche dans ces méthodes a connu un certain essor depuis une dizaine d’années, non seulement sous la pression des défenseurs des animaux, mais aussi sous l’impulsion de scientifiques progressistes qui, ayant constaté l’inefficacité et les échecs de la vivisection, ont voulu adopter d’autres méthodes de recherche.

En 1991: création d’ECVAM

Cependant, l’invention d’une méthode substitutive ne signifie pas pour autant qu’elle soit généralisée. En effet, pour de nombreux produits, les médicaments et les vaccins en particulier, la législation exige que des tests sur animaux soient pratiqués avant leur mise sur le marché. Il faut donc changer les lois et les réglementations, ce qui n’est pas une chose simple…
C’est pourquoi, l’Union Européenne a créé en 1991 un centre de recherche spécifiquement consacré au développement, à la validation et à la diffusion des méthodes alternatives à l’expérimentation animale. Nommé ECVAM (European Center for the Validation of Alternative Methods), ce centre est dirigé depuis sa création par un scientifique anglais, le Prof. Michael Balls, bien connu des milieux de défense des animaux pour son engagement de longue date en faveur des méthodes de substitution, ce qui lui a d’ailleurs valu l’attribution du premier prix de la Fondation Naef (Genève) pour les méthodes in-vitro en 19982.
Basé à Ispra, petite ville en Italie au bord du lac Majeur, l’ECVAM occupe un bâtiment situé dans l’enceinte de l’immense complexe du Joint Research Center, centre de recherche scientifique de l’Union Européenne. Signe encourageant donc, puisque cela montre que les méthodes de substitution à l’expérimentation animale sont considérées comme un domaine de recherche à part entière.

Dr Valérie Zuang, une scientifique motivée pour les animaux

Auteur d’une motion en 1994 au Grand Conseil Vaudois demandant d’encourager les méthodes de substitution à l’expérimentation animale, le député écologiste André Gasser fut invité en juillet dernier à visiter le centre. Il y fut reçu par la Dr Valérie Zuang, qui organisa une visite complète et lui détailla les objectifs d’ECVAM ainsi que les projets qui y sont réalisés. Chercheuse au centre depuis sa fondation, Valérie Zuang y a obtenu son doctorat en biochimie et est actuellement responsable du domaine « Innocuité des cosmétiques », un des douze secteurs de recherche d’ECVAM. Passionnée par les méthodes de substitution, la Dr Valérie Zuang explique que son activité permet de concilier son intérêt pour la science et sa volonté de respecter les animaux. Il n’y a bien sûr aucune animalerie à l’ECVAM et le centre ne commandite pas d’expériences sur animaux, même dans le cadre de la procédure de validation d’une méthode de substitution.

Les méthodes de substitution : plus scientifiques que l’expérimentation animale

La Dr Valérie Zuang explique de plus que : « … les chercheurs de l’ECVAM sont convaincus que les méthodes in-vitro sont plus scientifiques que les expériences sur animaux car elles permettent d’étudier et de comprendre les mécanismes d’action des substances sur les cellules et les tissus».
De plus, il bien connu que les animaux ont un autre métabolisme que les humains et réagissent souvent autrement. L’extrapolation aux humains des résultats des expériences sur animaux est non seulement hasardeuse, mais aussi dangereuse pour les humains.

Grâce à l’ECVAM plusieurs tests sur animaux ont été interdits dans l’UE

Une trentaine de chercheurs travaillent dans le centre qui dispose d’un budget annuel d’environ 4 millions d’EUROS. Face aux milliards investis dans le monde pour la recherche sur animaux, cette somme est bien sûr très faible. Mais malgré ses moyens limités, l’ECVAM a obtenu des succès appréciables. Plusieurs méthodes alternatives ont été validées, ce qui signifie que les tests sur animaux correspondants sont interdits dans tous les pays de l’UE.
Grâce à la mise au point d’un système de peau humaine reconstituée par culture de tissus, un test de sensibilisation cutanée et trois tests pour la corrosivité cutanée ont été validés, de même que les tests de phototoxicité. Dans les cinq prochaines années, des méthodes alternatives ont de bonnes chances d’être reconnues dans plusieurs domaines : tests de toxicité pour le rein, pour le foie, pour le système nerveux, tests d’irritation oculaire et cutanée, tests de carcinogénicité de composés chimiques.
L’ECVAM consacre également d’importants moyens à la diffusion d’informations, notamment par la mise sur pied d’une base de données complète sur les méthodes de substitution. Il a également organisé de nombreux séminaires et conférences, dont le congrès mondial sur les méthodes alternatives qui a eu lieu à Bologne en 1999.

Difficulté techniques et lenteurs des procédures

Mais comme l’explique la Dr Valérie Zuang, le processus de validation prend du temps, car chaque étape est longue et complexe: mise au point de protocoles d’expérimentation, organisation de tests inter-laboratoires, procédure d’acceptation légale etc. Sans compter les obstacles politiques dressés par les partisans acharnés de la vivisection qui ralentissent considérablement les procédures.

Davantage de moyens et de soutien politique sont nécessaires

Après une visite du centre, on réalise à quel point des progrès énormes pourraient être effectués si davantage de moyens et de volonté politique étaient consacrés au développement de projets tels que ceux menés à l’ECVAM. Mais il reste énormément à faire dans cette voie. Les centres de recherche et universités qui développent des méthodes de substitution devraient tous impérativement collaborer avec l’ECVAM afin que leurs travaux servent réellement à éviter des expériences sur animaux. André Gasser, qui compte intervenir au Grand conseil vaudois prochainement, va donc argumenter dans ce sens en incitant notamment l’Université de Lausanne à coordonner ses recherches avec celles pratiquées à l’ECVAM. L’ASV lui souhaite donc bon succès pour son intervention. Et adresse également ses vœux de bonne continuation au Prof. Balls, à la Dr Zuang et aux chercheurs de l’ECVAM qui par leur travail et leur ténacité contribuent à l’élimination de la vivisection, au même titre que nous les végétariens par notre pratique et notre éthique, participons directement à la suppression de l’exploitation des animaux pour l’industrie alimentaire.

Christina Maier

1 Editions La Plage, 1998
2 Voir Vegi Info No 13, 1/2001 p9 au sujet de l’attribution du Prix Naef 2000 au Prof. P. Honegger, chercheur lausannois