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Cyclisme d’endurance :
exploit d’un végétarien lausannois

Si rester durant 37 heures sans sommeil nous paraît à la limite du possible, pédaler non stop en « avalant » plus de 1000 km d’affilée est une performance incroyable pour le commun des mortels! Mais c’est bien l’exploit qu’a réalisé en juin dernier Renato Häusler, un Lausannois de 42 ans, en accomplissant un périple à vélo l’amenant à effectuer un parcours autour des lacs de la région: départ d’Ouchy direction lacs de Joux, des Rousses, de St-Point et de Remoray (France), puis lacs de Bret, de Gruyère, de Bienne, de Morat et de Neuchâtel pour finir par deux tours du lac Léman. Chaque boucle est longue d’environ 200 km, donc 1000 km au total à la moyenne de 27 km/h !

Végétarien depuis 20 ans

Bien que relayée par la presse, la nouvelle n’avait alors pas attiré notre attention. Les articles n’avaient pas mentionné une précision importante pour nous : Renato est végétarien depuis 20 ans et est particulièrement intéressé à l’effet de la nutrition sur les performances sportives! C’est grâce à M. Daniel Grogg, abonné à notre journal, lui-même végétarien et féru de sport, que nous avons eu vent de cette aventure. Nous le remercions vivement car c’est l’occasion pour nous de faire un article afin de faire connaître comment les athlètes d’endurance doivent se nourrir pour accomplir de telles performances.

Pédaler pour une bonne cause

Renato a aimablement accepté de répondre à nos questions, de relater avec passion les exploits qu’il a accomplis et d’expliquer les raisons qui l’ont motivé à atteindre ces objectifs. Maître de sport, Renato ne se définit pas comme un sportif exceptionnel. Avant le cyclisme, il avait pratiqué l’athlétisme et le basket, mais n’avait jamais été attiré par la compétition. La course aux médailles, les ambiances de concurrence acharnée entre sportifs: très peu pour lui! Il ne recherche pas la performance pour sa gloire personnelle mais pour une cause qui lui tient à cœur. Père de deux petites filles : Dushana et Shayne , Renato a été sensibilisé par leur pédiatre aux drames vécus par les enfants atteints du SIDA et à l’absence totale de moyens pour la mise au point des traitements pédiatriques. Il décida alors de fonder l’association ARES. Ses exploits sportifs ont essentiellement pour but de faire connaître l’association ARES et susciter des parrainages.

Une idée venue du Vénézuela

Pour accomplir une performance sportive en faveur d’ARES, Renato s’est tourné naturellement vers le vélo, un vieux compagnon de route. En 1986, il s’était lancé dans un long voyage qui l’avait mené de Vancouver au Vénézuela. En tout 12’000 km à vélo! Pour ce voyage ce n’était pas la performance sportive qui était recherchée. Il accomplissait alors 60 km environ par jour. Mais c’est en pédalant durant ces longues journées qu’il eut l’idée d’entreprendre un véritable exploit d’endurance. Il pensa aux 24 heures du Mans: pourquoi pas les 24 heures du Léman à vélo?

Des débuts difficiles

Une dizaine d’années plus tard, il décida de concrétiser cette idée qui lui avaient été soufflée par les vagues des Caraïbes. En 1998 débuta l’entraînement. Difficilement. « A la première sortie, 20 km aller-retour, ça s’est assez mal passé. J’ai forcé, j’avais des courbatures, j’ai cru que je n’y arriverais jamais ! », raconte Renato en riant. Mais persévérant, il ne s’est pas laissé décourager. Il a progressivement augmenté les distances d’entraînement. Puis fin 1998, il décida de fonder l’association ARES, ce qui l’encouragea à améliorer ses performances puisqu’il y avait désormais un but concret en vue.

L’alimentation: la clé du succès !

« La motivation est certes essentielle, précise Renato, mais ce n’est pas suffisant. Il est fondamental de s’alimenter correctement pour une performance d’endurance. C’est la clé du succès ! ». Déjà végétarien, il ne prêtait cependant pas particulièrement attention à sa nourriture, ni aux aliments favorables aux exploits sportifs. Il découvrit alors le livre de Denis Richier, nutritionniste au Tour de France, puis s’adjoint les conseils de Nicole Mégroz, diététicienne à Lausanne.
Ce fut la révélation!

Le principe des « 3P »

Il apprit que son alimentation d’alors ne lui permettait pas de stocker suffisamment de glycogène, ce qui le handicapait dans ses tentatives de pédaler sur de longues distances. Les conseils de Nicole Mégroz l’ont alors fait centrer son alimentation sur les « 3 P », c’est-à-dire les Pâtes, le Pain et les Patates. Ce sont des excellentes sources de sucres lents qui sont stockés dans le foie sous forme de glycogène et qui sont libérés dans l’organisme pour fournir de l’énergie lors d’un effort. La consommation de grandes quantités de ces aliments durant les 3-4 jours précédant une course d’endurance est essentielle. Il prit garde à consommer suffisamment d’eau pour stocker le glycogène, car la construction d’une molécule nécessite 2 molécules d’eau. Il découvrit comment s’alimenter sur son vélo pendant l’effort pour optimiser ses performances : toutes les heures, avec des barres énergétiques et de la boisson à la maltodextrine à base de sucre de maïs. Renato précise bien que le fait qu’il ait été végétarien à la base n’a jamais posé problème pour adapter ses menus. En effet, pour les sportifs de haut niveau, d’endurance en particulier, la viande n’est pas particulièrement un aliment recommandé.

4 fois le Léman en 27 heures !

Ce changement de nutrition constitua un sérieux coup de pouce pour atteindre son but. Ainsi fin juillet 1999, après un peu moins de 2 ans d’entraînement et 18’000 km dans les mollets, il se lança dans les 24 heures du Léman dont il rêvait depuis 13 ans. Un rapide calcul lui fit cependant réaliser qu’en 24 heures il lui était impossible d’effectuer un nombre entier de tours. Il privilégia donc la distance de 720 km avec pour objectif d’accomplir quatre boucles à la moyenne de 27 km/h. Exploit qu’il réussit avec brio en 27 heures!
On précise (mais ça va de soi) que Renato n’a jamais eu recours à des substances dopantes. Ses performances sont d’ailleurs cautionnées par le Dr. Gérald Gremion, médecin du sport à l’Hôpital orthopédique de Lausanne, bien connu pour son combat contre le dopage.

Avant le marathon cycliste, le gavage…

La réussite, qu’il doit en partie à son alimentation, nécessita des efforts particuliers dans ce domaine. En effet, Renato ne se souvient pas avec un grand plaisir des repas qu’il a ingurgités les jours précédant sa performance. « C’était un véritable gavage. Je devais vraiment me forcer à avaler d’importantes quantités » se souvient-il. Le lundi ce n’est pas moins de 300g de pâtes, 270g de polenta, 250 de pommes de terre, 8 abricots, 50g de biscuits au riz, 100g de Corn Flakes, 3 dl de lait, 1 litre de jus de raisin et 1 litre de nectar de fruits, soit au total un apport de 730 g de glucides. Mardi et mercredi, rebelote! Le jeudi, veille du départ, il eut l’instruction de descendre à 500 g de glucides, de limiter les fibres et de ne pas consommer de crudités. Mais cette « épreuve » alimentaire était bien nécessaire afin de stocker un maximum de sucres lents essentiels à la performance d’endurance. Son succès le conforta dans sa conviction que sa nourriture était optimale.

Un an plus tard, c’est reparti !

Le voilà donc prêt pour l’objectif suivant: le grand marathon du cyclisme qu’il a agendé une année plus tard. Les 1000 km. « Là, avoue-t-il, malgré ma préparation et mon alimentation, ce fut vraiment difficile, surtout les 2 nuits sans dormir à pédaler. Le plus dur, c’était au petit matin. Le tour du lac Léman en nocturne fut très pénible, surtout Genève-Villeneuve. Mais au dernier tour, porté par ses supporters et par la perspective de voir le bout du tunnel, il reprit courage et l’énergie revint. « Le fait que la presse avait annoncé l’épreuve m’a soutenu. Mais surtout l’image des 2,5 millions d’enfants malades du SIDA dans le monde qui m’a porté jusqu’au bout. Je devais tenir pour eux ! ». A la clé, un formidable exploit jamais réalisé dans notre région.

Et maintenant ?

Renato rêve bien sûr de rééditer une performance pour ARES. Mais il réfléchit à une formule attrayante pour les médias et pour le public. Il s’entraîne désormais avec Laurent Chevalley, un autre cycliste chevronné, ce qui lui donne une motivation supplémentaire. Sûr qu’on entendra encore parler de ce cycliste altruiste, surdoué et persévérant. Bon vent à Renato Häusler et à son association et merci d’avoir partagé avec nous les clés (végétariennes !) de son succès.

Christina Maier