Financement par la Banque Mondiale d’élevages de bovins en Chine
Dans les deux précédents Végi-Infos
nous vous avions informés que la Banque Mondiale avait
décidé de financer un programme d’élevage
de bovins en Chine à grande échelle. Plusieurs
associations végétariennes et de défense des
animaux ont réagi et ont appelé leurs membres à
envoyer des lettres de protestation. M. Denis Bloud, membre de
l’ASV et actif depuis de nombreuses années dans la
promotion du végétarisme, nous a fait parvenir le texte
qu’il a envoyé au Président de la Banque Mondiale
montrant par des faits scientifiques l’absurdité de la
promotion de la consommation de viande. Nous reproduisons ce texte
ci-dessous.
Nous vous signalons que M. Denis Bloud tient à jour un site
Internet très intéressant sur le
végétarisme : myweb.vector.ch/bloud/vegeta.htm.
Lettre de M. Denis Bloud:
STRATÉGIE DE LA FAIM A LA BANQUE MONDIALE: LE SCANDALE DES PROTÉINES ANIMALES
- 38 000 enfants meurent de faim chaque jour dans le monde. Si chacun diminuait sa consommation de viande de 10%, cela supprimerait le problème de la faim dans le monde car il faut 16 kg de céréales ou de soja pour faire 1 kg de viande. Lors de la transformation des plantes en viande, il y a une perte de 90 % des protéines végétales, de 95 % des sucres végétaux et de 100 % des fibres.
- 90 % du soja cultivé dans le monde ne sert qu’à nourrir du bétail à viande. 49 % de toutes les récoltes alimentaires dans le monde sont mangés par du bétail. 64 % des terres cultivables du monde servent à la viande (pâturage et fourrage). Le bétail des pays riches mange autant de céréales que les habitants de la Chine et de l’Inde. (Kousmine, p. 215).
- Pour faire 1 hamburger, il faut 6 m2 soit 1/2 tonne de forêt humide non remplaçable (Bulletin WFA 3/4, 1988). Pour exporter 1 kg de viande de boeuf, il faut perdre 2,5 tonnes d’humus (Bonilla Duran). En 1950, la couverture forestière du Costa-Rica était de 72 %. Actuellement, elle est inférieure à 25 % à cause de la viande d’exportation. 1 MacDonald s’ouvre toutes les 17 heures dans le monde. Ces usines à bouffe produisent 25 millions de hamburgers par jour, ce qui entraîne la désertification de 125 km2 par JOUR de forêt humide.
- Les excréments du bétail représentent 110 tonnes par seconde pour l’Amérique et l’Europe: cela entraîne 50 % de toute la pollution des nappes phréatiques du monde. Les gaz de méthane dus aux ruminants sont responsables de l’effet de serre et du changement de climat: 100 MT par an, molécule CH4 25 fois plus absorbante du rayonnement solaire que le gaz carbonique.
- Les Etats-Unis sont au 35e rang mondial pour l’espérance de vie des hommes. A 65 ans, l’espérance de vie est la même qu’au 19e siècle (Ivan Illitch, Némésis médicale, 1965). L’espérance de vie décroît dans les pays industriels (Dr. Stiller).
- La fertilité des hommes a diminué de 50 % depuis le début du siècle à cause des hormones (oestrogènes) répandues dans l’environnement (viande traitée, engrais chimiques, herbicides et insecticides, houblon, pilule féminine se retrouvant dans l’eau du robinet...). Le pénis des crocodiles de Floride a diminué des 3/4. C’est la castration à petit feu. 1/3 des hommes et 1/3 des femmes ont un dysfonctionnement sexuel (SV 8/94 p. 85).
- 75 % des Suisses meurent d’un cancer, dont un quart à cause du tabac et un autre quart à cause de la viande (Fondation Soleil). 1 kg de viande en grillade contient autant de benzopyrène cancérigène que 600 cigarettes. Les protéines animales sont responsables des 2/3 des décès (cancer, coeur, polyarthrite...). Par rapport au début du siècle, les Occidentaux consomment 50 % de plus de viande et 280 % de plus de volaille. En 10 ans, de 1975 à 1985, les cancers ont augmenté de 80 %, les maladies gynécologiques de 227 % et les maladies cardiaques de 41 % en Allemagne.
- La viande et le poisson sont carencés en certains acides aminés essentiels comme le tryptophane et la tyrosine. La consommation excessive de protéines animales provoque: fuite de calcium, ostéoporose, déchaussement des dents et calculs rénaux. Norme FAO: 0,5 g/kg/j (70 kg=35 g) pour le minimum (0,8 g/kg/j optimum). L’excès de fer dans le sang est plus dangereux que l’inverse: la ferritine dans le sang est la 2e cause d’attaques cardiaques après le tabac. Le maquereau contient 95 mg/100 g de cholestérol et le boeuf 70 mg/100 g.
- Les végétariens ont 24 % de moins de maladies cardio-vasculaires (et les végétaliens – 57 %) par rapport à la population dite «normale». Leur longévité est statitisquement très supérieure.
Denis Bloud
Réponse consternante de la Banque Mondiale …
Fin juillet, la Banque Mondiale (BM) a adressé une réponse aux personnes qui avaient envoyé une lettre de protestation contre son projet d’élevages de bovins en Chine. Elle nous annonce qu’elle ne reviendra pas sur sa décision. Ce n’est hélas pas une surprise. Nous ne savons que trop bien que les enjeux financiers à la base du commerce de viande sont immenses et les considérations éthiques, sanitaires et écologiques ne font généralement pas le poids auprès des gouvernements et des institutions supra-nationales.
Arguments écologiques laissés sans réponses
Voyons de plus près les arguments avancés par la
Banque Mondiale pour maintenir son projet. Ils sont pour le moins
curieux… Selon elle, la promotion d’élevages de
bovins est un projet écologique puisque cela permettra de
« recycler » la paille produite en surplus en
Chine, qui est habituellement brûlée causant une
pollution de l’air (!).
Il paraît évident que si réellement
l’accumulation de paille constituait un grave problème
écologique, il aurait déjà été
dénoncé par les organisations de défense de
l’environnement. De plus, même si c’était
bien le cas, il existe bien d’autres moyens de se
débarrasser de la paille que de construire des élevages
d’animaux…
Quant aux arguments environnementaux sérieux que nous avions
présentés pour contrer le projet
d’élevages: pollution des nappes phréatiques,
effet de serre, gaspillage de protéines
végétales et d’eau potable etc. dus à la
production de viande, ils sont restés sans réponses. Le
problème de la pénurie d’eau potable aurait
pourtant dû être à l’ordre du jour avec la
terrible sécheresse qui sévit depuis le début de
l’année dans plusieurs pays asiatiques, dont certaines
régions de la Chine. Il est bien connu que les élevages
d’animaux, qui utilisent environ la moitié de
l’eau potable employée pour les activités
humaines, et qui la rejettent polluée dans
l’environnement, constituent un facteur aggravant la
sécheresse. Mais de cela, la Banque Mondiale n’en parle
pas.
Dangers sanitaires passés sous silence
Nos mises en garde contre les dangers pour la santé humaine de l’occidentalisation de la nutrition des populations chinoises ont été totalement ignorées. En effet, basée actuellement sur les produits végétaux, l’alimentation des Chinois les a jusqu’à présent largement préservés des maladies dites de civilisation comme les affections cardio-vasculaires, l’obésité, le diabète, le cancer, l’ostéoporose etc. Situation qui ira en se détérioranr si l’alimentation carnée se généralise comme en Amérique ou en Europe.
Des contrôles pour «rassurer» les consommateurs !
Ensuite, employant le discours habituel de nos autorités lorsqu’il s’agit de « rassurer le consommateur au sujet de la qualité sanitaire de la viande », la Banque Mondiale nous informe (alors que nous ne lui avions rien demandé à ce sujet !) que tout sera mis en œuvre pour contrôler scientifiquement que la viande produite ne présentera pas de danger pour la population… On ne peut s’empêcher d’ajouter que si les contrôles prévus sont aussi inefficaces que ceux implantés dans nos pays, les populations chinoises peuvent s’apprêter à ingérer un cockail de toxiques allant du prion de la maladie de la vache folle, à la dioxine, en passant par les antibiotiques, les hormones, etc. Rien de très rassurant donc !
Cruauté envers les animaux: ignorée !
A propos des souffrances des milliers d’animaux qui seront élevés et tués pour ce projet, la BM ne juge pas utile de relever cet argument. Au contraire la BM tente de relativiser les effets de son projet en soulignant que les Chinois ne mangent que 3 kg de viande par année et que son programme n’augmentera ce chiffre « que » de 0,2%.
La Chine: marché juteux pour les multinationales de la viande
Il paraît difficile de répondre aux arguments de la
Banque Mondiale tant ceux-ci apparaissent dictés par le souci
de masquer l’injustifiable. Si le projet de la BM n’aura
certes pas pour conséquence de transformer d’un coup les
Chinois en Américains pour ce qui concerne les
quantités de viande ingérées, il est
évident qu’il a pour but de les encourager dans cette
voie et de les habituer à consommer de plus en plus de viande
de bœuf.
Les grands bénéficiaires ne seront bien sûr pas
les populations qui souffriront des conséquences
écologiques et sanitaires de cette politique, mais
l’industrie de la viande et les multinationales des fast food
à viande qui cherchent actuellement à
pénétrer les pays d’Asie et à imposer la
«culture» des hamburgers à viande dans les pays
émergents. Avec, vraisemblablement, l’appui
d’organismes supra-nationaux comme la Banque Mondiale.
Christina Maier
Dernière actualisation de cette page indiquée: 9.12.2008[en haut]
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