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Financement par la Banque Mondiale d’élevages de bovins en Chine

Dans les deux précédents Végi-Infos nous vous avions informés que la Banque Mondiale avait décidé de financer un programme d’élevage de bovins en Chine à grande échelle. Plusieurs associations végétariennes et de défense des animaux ont réagi et ont appelé leurs membres à envoyer des lettres de protestation. M. Denis Bloud, membre de l’ASV et actif depuis de nombreuses années dans la promotion du végétarisme, nous a fait parvenir le texte qu’il a envoyé au Président de la Banque Mondiale montrant par des faits scientifiques l’absurdité de la promotion de la consommation de viande. Nous reproduisons ce texte ci-dessous.
Nous vous signalons que M. Denis Bloud tient à jour un site Internet très intéressant sur le végétarisme : myweb.vector.ch/bloud/vegeta.htm.

Lettre de M. Denis Bloud:

STRATÉGIE DE LA FAIM A LA BANQUE MONDIALE: LE SCANDALE DES PROTÉINES ANIMALES

Denis Bloud

Réponse consternante de la Banque Mondiale …

Fin juillet, la Banque Mondiale (BM) a adressé une réponse aux personnes qui avaient envoyé une lettre de protestation contre son projet d’élevages de bovins en Chine. Elle nous annonce qu’elle ne reviendra pas sur sa décision. Ce n’est hélas pas une surprise. Nous ne savons que trop bien que les enjeux financiers à la base du commerce de viande sont immenses et les considérations éthiques, sanitaires et écologiques ne font généralement pas le poids auprès des gouvernements et des institutions supra-nationales.

Arguments écologiques laissés sans réponses

Voyons de plus près les arguments avancés par la Banque Mondiale pour maintenir son projet. Ils sont pour le moins curieux… Selon elle, la promotion d’élevages de bovins est un projet écologique puisque cela permettra de « recycler » la paille produite en surplus en Chine, qui est habituellement brûlée causant une pollution de l’air (!).
Il paraît évident que si réellement l’accumulation de paille constituait un grave problème écologique, il aurait déjà été dénoncé par les organisations de défense de l’environnement. De plus, même si c’était bien le cas, il existe bien d’autres moyens de se débarrasser de la paille que de construire des élevages d’animaux…
Quant aux arguments environnementaux sérieux que nous avions présentés pour contrer le projet d’élevages: pollution des nappes phréatiques, effet de serre, gaspillage de protéines végétales et d’eau potable etc. dus à la production de viande, ils sont restés sans réponses. Le problème de la pénurie d’eau potable aurait pourtant dû être à l’ordre du jour avec la terrible sécheresse qui sévit depuis le début de l’année dans plusieurs pays asiatiques, dont certaines régions de la Chine. Il est bien connu que les élevages d’animaux, qui utilisent environ la moitié de l’eau potable employée pour les activités humaines, et qui la rejettent polluée dans l’environnement, constituent un facteur aggravant la sécheresse. Mais de cela, la Banque Mondiale n’en parle pas.

Dangers sanitaires passés sous silence

Nos mises en garde contre les dangers pour la santé humaine de l’occidentalisation de la nutrition des populations chinoises ont été totalement ignorées. En effet, basée actuellement sur les produits végétaux, l’alimentation des Chinois les a jusqu’à présent largement préservés des maladies dites de civilisation comme les affections cardio-vasculaires, l’obésité, le diabète, le cancer, l’ostéoporose etc. Situation qui ira en se détérioranr si l’alimentation carnée se généralise comme en Amérique ou en Europe.

Des contrôles pour «rassurer» les consommateurs !

Ensuite, employant le discours habituel de nos autorités lorsqu’il s’agit de « rassurer le consommateur au sujet de la qualité sanitaire de la viande », la Banque Mondiale nous informe (alors que nous ne lui avions rien demandé à ce sujet !) que tout sera mis en œuvre pour contrôler scientifiquement que la viande produite ne présentera pas de danger pour la population… On ne peut s’empêcher d’ajouter que si les contrôles prévus sont aussi inefficaces que ceux implantés dans nos pays, les populations chinoises peuvent s’apprêter à ingérer un cockail de toxiques allant du prion de la maladie de la vache folle, à la dioxine, en passant par les antibiotiques, les hormones, etc. Rien de très rassurant donc !

Cruauté envers les animaux: ignorée !

A propos des souffrances des milliers d’animaux qui seront élevés et tués pour ce projet, la BM ne juge pas utile de relever cet argument. Au contraire la BM tente de relativiser les effets de son projet en soulignant que les Chinois ne mangent que 3 kg de viande par année et que son programme n’augmentera ce chiffre « que » de 0,2%.

La Chine: marché juteux pour les multinationales de la viande

Il paraît difficile de répondre aux arguments de la Banque Mondiale tant ceux-ci apparaissent dictés par le souci de masquer l’injustifiable. Si le projet de la BM n’aura certes pas pour conséquence de transformer d’un coup les Chinois en Américains pour ce qui concerne les quantités de viande ingérées, il est évident qu’il a pour but de les encourager dans cette voie et de les habituer à consommer de plus en plus de viande de bœuf.
Les grands bénéficiaires ne seront bien sûr pas les populations qui souffriront des conséquences écologiques et sanitaires de cette politique, mais l’industrie de la viande et les multinationales des fast food à viande qui cherchent actuellement à pénétrer les pays d’Asie et à imposer la «culture» des hamburgers à viande dans les pays émergents. Avec, vraisemblablement, l’appui d’organismes supra-nationaux comme la Banque Mondiale.

Christina Maier

Dernière actualisation de cette page indiquée: 9.12.2008


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