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Histoire d’une chasse « bien » réglementée...
La chasse en Suisse semble susciter moins de vagues que chez nos
voisins français ou allemands. Pourquoi? Nombreuses sont les
personnes qui affirment: « Ici en Suisse, la chasse est
très bien réglementée ». On
connaît l’argument. Il nous est servi à chaque
fois qu’il s’agit de justifier le fait de tuer ou de
maltraiter des animaux. Que ce soit pour
l’expérimentation animale, la détention des
animaux de rente, le transport des animaux etc. « En
Suisse tout est bien réglementé » . Ca
permet de se voiler la face sur les horreurs qui se cachent
derrière. Voyons de plus près : 
Plus de 150’000 animaux tués chaque année en Suisse
Côté chiffres d’abord : 40’000 chevreuils, 40’000 renards, 18’000 chamois, 12’000 canards, 6’000 cerfs, 2’000 pigeons, 2’000 sangliers sont tirés chaque année dans nos régions. En tout plus de 150’000 animaux (source : site Internet de la Diana CH). Pour certaines espèces comme le chevreuil, le nombre d’animaux victimes de la chasse ne représente pas moins du tiers du total de la population de l’espèce...
Un combat inégal
Côté principe ensuite. Que penser d’un loisir qui consiste à envahir les forêts et à tuer des êtres vivants? A quelle loi « naturelle » les chasseurs se réfèrent-ils? A celle qui justifie le bétonnage des chemins pour permettre aux chasseurs de déplacer leur véhicule, évitant ainsi l’effort de se déplacer à pied? A celle qui engendre un trafic d’animaux sauvages relâchés ensuite dans la nature afin de repeupler artificiellement des régions où les espèces ont été décimées… par la chasse. Et parlons un peu du prétendu combat. Des chasseurs équipés avec l’attirail technologique dernier cri, avec en face, des animaux sauvages soumis au stress permanent inhérent aux dures lois de la nature et à l’épuisement dû à la recherche de nourriture dans un environnement appauvri. Qui ose encore parler de combat « naturel » et « équitable » ?
La nécessité de réguler les espèces: un comble d’hypocrisie
Et quant à ceux qui avancent l’argument de la
nécessité « écologique »
de réguler les espèces vivant à
l’état sauvage, ils sont l’illustration de la
mauvaise foi que peut atteindre l’argumentation de ceux qui
cherchent à justifier l’injustifiable.
L’être humain n’est en effet pas
particulièrement bien placé pour donner des
leçons d’ «écologie» aux autres
habitants de la planète... 
L’horreur de la chasse: des saboteurs témoignent...
Et cette chasse « réglementée », à quoi ressemble-t-elle sur le terrain? En décembre dernier de courageux activistes qui ont tenté de saboter une battue dans le canton d’Argovie en ont été les témoins atterrés. Deux semaines auparavant ils étaient parvenus à faire annuler une chasse en s’interposant devant les chasseurs. Mais ils ne purent cette fois rééditer la performance. Si leur présence bruyante et l’usage intensif de sifflets pour tenter de faire fuir les animaux des lieux à risques ont permis à un lièvre et à deux chevreuils de profiter de la diversion pour échapper aux balles, ils n’ont pas pu empêcher les chasseurs de viser et de tirer. En tout cinq chevreuils ont succombé durant cette journée. Les défenseurs des animaux présents sur ces lieux peuvent témoigner, pour ces cinq victimes, notre règlement national « exemplaire » sur la chasse n’aura été d’aucun secours. Abattus après une course effrénée, poursuivis par des chiens surexcités et dressés à cet effet, ces chevreuils n’ont pas connu de mort plus douce que leurs congénères français ou allemands dont l’abattage est paraît-il soumis à des lois plus laxistes... .
Sauver des animaux : illégal !
On précisera enfin que le fait de vouloir sauver des
animaux en s’interposant pacifiquement entres les victimes et
leurs bourreaux est durement réprimé par la loi. Un
règlement prévoit une amende qui peut atteindre
20’000 Fr. suisses. On l’oubliait presque: «tout
est si bien réglementé » ... lorsqu’il
s’agit de protéger l’industrie de
l’exploitation animale.
Christina Maier
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